‹ Œuvres complètes de Montesquieu (volume 2)Chapitre 186 sur 244 · XLV. — A L*ABBÉ DE GUiSCO · texte numérisé non relu

XLV. — A L*ABBÉ DE GUiSCO

A Londres,

De Paris, le 42 mars 4750.

J'avois déjà appris par milord Albemarle, mon cher comte, que vous ne vous étiez point noyé en traversant de Calais à Douvres, et la bonne réception qu'on vous a faite à Londres. Vous sere^s toujours plus content de vos liaisons avec le duc de Hichemond , milord Ghesterfield, et milord Granville. Je suis sûr que, de leur côté, ils chercheront de vous avoir le plus qu'ils pourront. Parlezleur beaucoup de moi^ mais je n*ezige point que vous tostiex si souvent quand vous dînerez chez le duc de Richemonçl. Dites à milord Ghesterfield que rien ne me flatte tant que son approbation ; mais que, puisqu'il me lit pour la troisième fois, il ne sera que plus en état de me dire ce qu'il y a à corriger et à rectifier dans} mon ouvrage. Rien ne m'instruiroit mieux que ses observations et sa critique.

Vous devez être bien glorieux d'avoir été lu par le roi, fit qu'il ait approuvé ce que vous avez dit sur l'Angleterre. Moi, je ne suis pas sûr de si hauts suffrages; et les rois seront peut-être les derniers qui me liront, peut-être même ne me liront-ils point du tout. Je sais cependant qu'il en est un ' dans le monde qui m'a lu; et M. de Maupertuis m'a mandé qu'il avoit trouvé des choses où il n'étoit pas de mon avij. Je lui ai répondu que je parierois bien que je mettrois le doigt-sur ces choses. Je vous dirai aussi que le duc de Savoie a commencé ime seconde lecture do mon livre. Je suis très-fiatté de tout ce que vous me dites de l'approbation des Anglois; et je me flatte que la traduction de VEsprit 4es Lois me rendra aussi bien que le traducteur des Lettres persanes. Vous avez bien fait, malgré le conseil de Mlle Pitt, de rendre lès lettres de recommandation de milord Bath. Vous n\vez que faire d'entrer dans les querelles du parti: on sait bien qu'un étranger n'en prend aucun , et voit tout le monde. 5e ne suis point surprjs des axnitiés que vous recevez de ceux que vous avez connus à Parfs , et suis sûr que plus vous resterez à Londres, plus vous en repevre?; mais j'espère que les amitiés des Anglois ne vous feront poi^t négliger vos

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