Yoy. les traités qui furent faits. — 2. Liv. II, chap. x
3. Yoy. dans Polybe, et dans Josèphe, De bello Judaico^ lib. III, ^ chap. VI, quelles étoient les armes du soldat romain. 11 y a peu de différence, dit ce dernier, entre les chevaux rangés et les soldats romains. « Us portent, dit Cicéron,leur nourriture iX)ur plus de quinze jours, tout ce qui est à leur usage, tout ce qu'il' faut pour se fortifier; et, â l'égard de leurs armes, ils n'en sont pas plus emïjarrassés que de leurs mains. » (ra5ca/.,liv. II.)
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oombât, et, si la nécessité l'exigeoit, s'y retirer; qu'elle eût encore de la cavalerie , des hommes de trait et des frondeurs , pour poursuivre les fuyards et achever la victoire ; qu'elle fût défendue par toutes sortes de machines de guerre qu'elle traînoit avec elle ; iue chaque fois* elle se retranchât, et fût, comme dit Végèce , une espèce de place de guerre.
Pour qu'ils pussent avoir des armes plus pesantes que celles des autres hommes , il falloit qu'ils se rendissent plus qu'hommes : c'est ce qu'ils firent par un travail continuel qui augmentoit leur force, et par des exercices qui leur donnoient de l'adresse, laquelle n'est autre chose qu'une juste dispensation des forces que l'on a.
Nous remarquons aujourd'hui que nos armées périssent heaucoup par le travail immodéré des soldats'; et cependant c'étoit par un travail immense que les Romains se conservoient. La raison en est , je crois , que leurs fatigues étoient continuelles ; au lieu que nos soMats passent sans cesse d'un travail extrême à une extrême oisiveté : ce qui est la chose du monde la plus propre à les faire périr.
Il faut que je rapporte ici ce que les auteurs nous disent de l'éducation des soldats romains *. On les accoutumoit à aller le pas militaire , c'est-à-dire à faire en cinq heures vingt milles , et quelquefois vingt-quatre. Pendant ces marches, on leur faisoit porter des poids de soixante livres. On les entretenoit dans l'habitude de courir et de sauter tout armés; ils prenoient dans leurs exercices des épées, des javelots, des flèches, d'une pesanteur double des armes ordinaires ; et ces exercices étoient continuels *.
Ce n'étoit pas seulement dans le camp qu'étoit l'école militaire : il y avoit dans la ville un lieu où les citoyens alloient s'exercer (c'étoit le champ de Mars). Après le travail, ils se jetoient dans le Tibre , pour s'entretenir dans l'habitude de nager , et nettoyer la poussière et la sueur ^.
Nous n'avons plus une juste idée des exercices du corps : un homme qui s'y applique trop nous paroît méprisable , par la raison que la plupart de ces exercices n'ont plus d'autre objet que les agrémens; au lieu que, chez les anciens, tout, jusqu'à la danse, Ûsoit partie de l'art militaire.
4. Lir. II, chap. ixv. -^ 2. Suriout par le fouillenAent des terres.
3. Voy. Yégèce, Uv. I. Voy. dans Tile Live, liv. XXVI, chap. u, les exercices que Scipion l'Africain faisoit faire aux soldats après la prise de Cartbage la Neuve. Marins , malgré sa vieillesse , alloit tous les jours au chtiDpde Mars. Pompée, à l'âge de cinquante-huit ans, alloit combattre tOQtàrmé avec les jeunes gens; 11 montôit à cheval, couroll à bride ftbiUue, et lançoil ses javelots. (Plularqoe, ^ie de Marias et de Pompée,)
♦ Végéce, Uv. I, chap. xi, xu ctxiv.-- 5. Yégèce, ihid.^ chap. x.
Il est même arrivé, parmi nous, qu'une adresse trop recherchée dans Tusage des armes dont nous nous servons à la guerre est devenue ridicule , parce que , depuis Tintroduction de la coutume des combats singuliers , Tescrime a été regardée comme la science des querelleurs ou des poltrons.
Ceux qui critiquent Homère de ce qu'il relève ordinairement dans ses héros la force , l'adresse ou l'agilité du corps , devroient trouver Salluste bien ridicule , qui loue Pompée « de ce qu'il couroit, sautoit, et portoit un fardeau aussi bien qu'homme de son temps K »
Toutes les fois que les Romains se crurent en danger, ou qu'ils voulurent réparer quelque perte, ce fut une pratique constante chez eux d'affermir la discipline militaire. Ont-ils à faire la guerre aux Latins , peuples aussi aguerris qu'eux mêmes , Manlius songe à augmenter la force du commandement, et fait mourir son fils, qui avoit vaincu sans son ordre. Sont-ils battus à Numance, Scipion Ëmilien les prive d'abord de tout ce qui les avoit amollis ^. Les légions romaines ont-elles passé sous le joug en Numidie, Métellus répare cette honte dès qu'il leur a fait reprendre les institutions anciennes. Marins, pour battre les Cimbres et les Teutons, commence par détourner les fleuves ; et Sylla fait si bien travailler les soldats de son armée effrayée de la guerre contre Mithridate, qu'ils lui demandent le combat comme la fin de leurs peines '.
Publius Nasica, sans besoin, leur fit construire une armée navale. On craignoit plus l'oisiveté que les ennemis.
Aulu-Gelle * donne d'assez mauvaises raisons de la coutume des Romains de faire saigner les soldats qui avoient commis quelque faute : la vraie est que , la force étant la principale qualité du soldat , c'étoit le dégrader que de Vaffoiblir.
Des hommes si endurcis étoient ordinairement sains. On ne remarque pas, dans les auteurs, que les armées romaines, quifaisoient la guerre en tant de climats, périssent beaucoup par les maladies; au lieu qu'il arrive presque continuellement aujourd'hui que des armées, sans avoir combattu, se fondent pour ainsi dire dans une campagne.
Parmi nous, les désertions sont fréquentes, parce que les soldats sont la plus vile partie de chaque nation , et qu'il n'y en a aucune qui ait ou qui croie avoir un certain avantage sur les autres. Chez les Romains, elles étoient plus rares : des soldats tirés du
4. ff Cum alacrlbus saltu, cum velocibns cursu, cum validis vecte c certabat. » (Fragment de Sallusle rapporté parVégèce, lir. I, cbap. ix.)
3. Il vendit tontes les bêtes de somme de Tannée, et fil porter à chaque soldat du blé pour trente jours, et sept pieux. {Somm, de Floras,liv. LYII.)
a. Frontin, Stratagèmes, liv. I, cbap. xi. — 4. Liv. X, cbap. viu.