‹ Œuvres complètes de Montesquieu (volume 2)Chapitre 63 sur 244 · lettre de Symmaque, liy. X, lett. uv · texte numérisé non relu

lettre de Symmaque, liy. X, lett. uv

i. D» gouvernement de Dieu, — 'i. De la cité de Dieu,

sa noblesse, et est devenu mon eselaye x il n'est pa« juste qu'il dresse des embûches à son maître , comme un esclave méelumt >. v

« Il ne convient pas à l'empereur, disoit>il dans une autre ocea- Âon , d'être menteur. Il a promis à un de mes sojets de lui donner en mariage la fille de Satumilus : s'il ne veut pas tenir sa pairole , je lui déclare la guerre ; s'il ne peut pas, et qu'il soit dans cet état qu'on ose lui désobéir, je marche à son secours. »

Il ne fout pas croire que ce fût par modération qu'Attila laissa subsister les Romains : il suivoit les mœurs de sa nation, qui le portoient à soumettre les peuples, et non pas à les conquérir. Ce prince, dans sa maison de bois où neut le représente Priscus ', mattre de toutes les nations barbares, et en quelque fa^n* de presque toutes celles qui étoient policées, éteit un des grands naenarques dont Thistoire ait jamais parlé.

On Toyoit à sa cour les ambassadeurs des Romains d'Orient et de ceux d'Occident, qui yenoient recevoir ses lois, ou implorer sa clémence. Tantôt il demandoit qu'on lui rendit les fiuns tranafiiges, eu les esclaves romains qui s'étoient évadés; tantôt il vosloit qu'on lui livrât quelque ministre de l'empereur. Il avoit mis sur Temptre d'Orient un tribut de deux mille cent livres d'or. Il recevoit les appointemens de général des armées romaines. Il envoyoit à Gonstantinople ceux qu'il vouloit récompenser, afin qu'on les comblât de biens, Ikisant un trafic continuel de la frayeur des Romains.

Il étoit craint de ses sujets , et il ne paroit pas qu'il en f&t ka! *. Prodigieusement fier, et cependant rusé, ardent dans sa col^e, mais sachant pardonner ou différer la punition suivant qu'il convenoit à ses intérêts, ne faisant jamais û guerre quand la paix pouvoit lui donner assez d'avantages, fidèlement servi des rois mêmes qui étoient sous sa dépendance, il avoit gardé pour lui seul l'ancienne simplicité des mœurs des Huns. Du reste , on ne peut guère louer sur la bravoure le chef d'une nation où les enftns entroient en fumeur au récit des beaux faits d'armes de l«irs pères, et où les pères versoient des larmes parce qu'ils ne pouvaient pas imiter leurs enfans.

Après sa mort, toutes les nations barbares se redivisèrent; mais les Romains étaient si fcublr s qu'il n'y avoit pas de si petit peuple qui ne pût leur nuire.

4 . Histoire gothique , et Jtelation de l'ambassade écrite |^ar Priscus C'étoit Théodose le Jeune

8. Histoire gothique : « Bœ sedes regU barbariem lotaM tehentis, haec « captis civitatibus babitacula prsponebat. » (Jornandès, Dii rehusgeticis.)

3. Il paroit, par la Relation de Priscus, qu'on pensoit i U ceur d'Attila à soumettre encore les Perses.

4. Il faut consulter, sur le caraeiëre de ce prine^ et les mœnre ⣠sa cour, Jomandës et Priscus.

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