X.BTT|IE8 PERSAKES. C
XXxiv ÉLOGE DE MONTESQUIEU.
Il étoit sensible à la gloire; mais il ne vouloit y parvenir qu'en la méritant. Jamais il n'a cherché à augmenter la sienne par ces manœuvres sourdes , par ces voies obscures et honteuses ^ qui déshonorent la personne sans ajouter au nom de l'auteur.
Digne de toutes les distinctions et de toutes les récompenses^ il ne demandoit rien et ne s'étonnoit point d'être oublié : mais il a osé, même dans des circonstances délicates 9 protéger à la cour des hommes de lettres persécutés , célèbres ^ et malheureux, et leur a obtenu des grâces.
• Quoiqu'il vécût avec les grands , soit par nécessité, soit par convenance, soit par goût, leur société n'étoit pas nécessaire à son bonheur. Il fuyoit dès qu'il le pouvoit à sa terre : il y retrouvoit avec joie sa philosophie, ses livres, et le repos. Entouré de gens de la campagne, dans ses heures de loisir, après avoir étudié l'homme dans le commerce du monde et dans l'histoire des nalion^, il l'étudioit encore dans ces âmes simples que la nature seule a instruites, et il y trouvoit à apprendre : il conversoit gaiement avec eux; il leur cherdhoit de l'esprit, comme Socrate; il paroissoit se plaire autant dans leur entretien que dans les sociétés les plus brillantes^ surtout quand il terminoit leurs différents , et soulageoit leurs peines par ses bienfaits.
soient Tapparence de la contradiction qu'on prétendoit faire remlirquer. Telle est la bonne foi de CQt auteur dans des bagatelles , •t à plus forte raison dans des matières plus sérieuses. (Note tirée de fatfertùtement du sixième volume de TEncyclopédie. )
iLOGE DE MOSrTESQUIEU. XXXV
Rien n'honore plus sa mëmoire que Fëconomie avec laquelle il vivoit, et qu'on a osé trouver excessive dans un monde avare et fastueux, peu fait pour en pénétrer les motifs et encore moins pour les sentir. Bienfaisant et par conséquent juste, M. de Montesquieu ne vouloit rien prendre sur sa famille, ni deg secours qu'il donnoit aux malheureux, ni clés dépenses considérables auxquelles se» longs voyages, la foiblesse de sa vue, et l'impression de ses ouvrages, l'avoient obligé. Il a transmis à ses étifants, sans diminution ni 'augmentation, l'héritage qu'il avoit reçu de ses pères; il n'y a rien ajouté que la gloire de son nom et l'exemple de sa vie. Il avoit épousé en 1 7 1 5 demoiselle JeUnne de Lartigue, fille de Pierre de Lartigue, lieutenantcolonel au régiment de Maulévrier. Il en a eu deux filles, et ui\ fils qui, par son caractère, ses mœurs et ses ouvrages,» s'est montré digne d'un tel père.
Ceux qui aiment la véçité*et la patrie ne seront pas fâchés de trouver ici quelques unes de ses maximes. II pensoit
Que chaque portion de l'état doit être également soumise aux loisymgis que les privilèges de chaque portion de l'état doivent être respectés lorsque leurs effets n'ont rien de contraire au droit naturel qui oblige tous les citoyens à concourir également au bien public : que la possession ailcienne étoit en ce genre le premier des titres et le plus inviolable des droits , qu'il étoit toujours injuste et quelquefois dangereux de vouloir ébranler;
Que les magistrats , dans quelque circonstance et