‹ Œuvres complètes de Montesquieu (volume 3)Chapitre 143 sur 158 · LE GRAND EUNUQUE A «SBEK · texte numérisé non relu

LE GRAND EUNUQUE A «SBEK

» "- A Paris.

Les choses sont venues à un état qui ne se peut plus soutenir : tes femmes se sont imaginé que ton départ leiir laissoit une impunité enjtièra^ il se passe ici des choses horribles : je fremble moi-même au cruel récft que je vais te faire.

Zélis , allant tl y a quelques jours à la mosquée ^ laissa tomber son voile^ et parut presque à visage découvert devant tout le peuple.

J'ai trouvé Zachi couchée avec une de ses es-

claves j chose si défendue par les lois du sérail.

J'ai surpris , par le plus grand hasard du monde , une lettre que je t'envoie : je n'ai jamais pu découvrir à qui elle étoit adressée.

Hier au $oir un jeune garçon fut trouvé dans le jardin du sérail ^ et il se sauva par dessus les murailles.

Ajoute à cela ce qui n'est pas parvenu à ma connoissance ; car sûrement tu es trahi. J'attends tes ordres ; et , jusqu'à l'heureux moment que je les recevrai , je vais être dans une sitiuition mortelle. Mais si tu ne mets toutes ces femmes à ma dis-

LETTRES PERSAITES. SSq

crétion^ je ne te réponds d'aucune d'elles, et j'aurai tous les jours^des nouvelles aussi tiîstes à te mander. «

Dn «érail cCZspaluin»' le preikiier de la lune dé Rhégeb, 171 7.

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