HAGI' IBBI AU JUIF BEN JOSUE
PmOSSLlTTE XAKOMÉTAN. •
A Smyrne.
U me semble^ Ben Josué, qu'il y a toujours des signes édatanta qui préparent à la naissance des hommes extraoïnlinaires ; comme si la nature souf<; froit une espèce de crise , et que la puissance celeste ne produisît qu'avec effort.
Il n'y a rien de si merveilleux que la naissance
> HAdf est un hoomie qui a fait le pèlmnage de la Mecque.
LETTRES 9MRSAS1ES, 91
de Mahomet. Dieu, qui par les décrets de sa providenceavoit résolu dès le commencement d'envoyer aux hommes ce grand prophète pour enchaîner Satan 9 créa une lumière deux mille ans avant Adam, qui, passant d'élu en élu, d'ancêtre en ancêtre de Mahomet, parvint enfin îusques à lui, comme un témoignage authentique 1«'U étoit descendu des patriarches.
Ce fut aussi à cause de ce même prophète que Dieu ne voulut pas qu'aucun en&nt fut conçu que la femme ne cessât d'être immonde, et que l'homme ne fût livré à la circoncision.
Il vint au monde circoncis , et la joie parut sur son visage dès sa naissance : la terre trembla trois fois , comme si elle eût enfanté elle-même ; toutes les idoles se prosternèrent; les trônes des rois furent renversés ; Lucifer fut jeté au fond de la mer; et ce ne fut qu'après avoir nagé pendant quarante jours qu'il sortit de Tabîme et B^enfuit sur le mont Cabès, d'où, avec une voix terrible, 11 appela les anges.
Cette nuit Dieu posa un terme entre l'homme et la femme, qu'aucun d'eux ne put passer. L'art des magiciens et négromans se trouva sans vertus On entendit une voix du ciel qui disoit ces pa^rôles : Tai envoyé au monde mon ami fidèle.
Selon le témoignage d'Isben Aben, historien arabe, les générations des oiseaux, des nuées, des
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vents y et tous les escadrons des angesr, se réunirent pour élever cet enfant , et se disputèrent cet avantage. Les oiseaux disoient dans leurs gazouillements qu'il étoit plus conunode qu'ils rélevassent, parce qu'ils pouvoient plus facilement rassembler plusieurs fruits de divers lieux. Les vents murmupoient et disoient : C'est plutôt à nous, parce que nous pouvons lui apporter de tous les endroits les odeurs les plus agréables. Non , non , disoient les nuées, non, c'est à nos soins qu'il sera confié, parce que nous lui ferons part à tous les instants de la fraîcheur des eaux. Là dessus les anges indignés s'écrioient : Que nous restera-t-il donc à faire ? Mais une voix du ciel fut entendue , qui termina toutes les disputes : U ne sera point ôté d'entre les mains des mortels, parce qu'heureuses les mamélleâ qui l'allaiteront, et les mains qui le toucheront , et la maison qu'il habitera , et le lit où il reposera !
Après tant de témoignages si éclatants, mon cher Josué, il faut avoir un cœur de fer pour ne pas croire sa sainte loi. Que pouvoit faire davantage le ciel pour autoriser sa mission divine, à moins de renverser la nature, et de feire'périr les hommes mêmes qu'il vouloit convaincre ?
De Paris , le ao de la lune de Bliégeb , 1713. .
LETTRES PERSANES. - g5
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