‹ Œuvres complètes de Montesquieu (volume 4)Chapitre 163 sur 168 · USBEK A SOLIM · texte numérisé non relu

USBEK A SOLIM

Au sérail d'bpahan.

Je te mets le fer à la main. Je te confie ce que j'ai à présent dans le monde de plus cher, qui est ma vengeance. Entre dans ce nouvel emploi ; mais n'y porte ni cœur ni pitié. Técris à mes femmes de t^obéir aveuglément : dans la confusion de tant de crimes, elles tomberont devant tes regards. Il faut que je te doive mon bonheur et mon repos. Rends-moi mon sérail comme je l'ai laissé. Mais commence par l'expier ; extermine les coupables, et fais trembler ceux qui se proposoient de le devenir. Que ne peux^tu pas espérer de ton maître pour des services si signalés? il ne tiendra qu'à toi de te mettre au-dessus de ta

63o LETTRES PERSANES.

condition même , et de toutes les récompenses <{oe.

tu as jamais désirées.

DeParis^le t^delaUmedeChahban, 1719.

LETTRE ClilV.

USBEK A SES FEMMES, Au sérfdl dlipaLan.

Puisse cette lettre être comme la foudre qui tombe' au milieu des éclairs et des tempêtes iSolim est votre premier eunuque, non pas pour vous garder, mais pour vous punir. Que tout le sérail s'abaisse devant lui. Il doit juger vos actions passées; et, pour l'avenir, il vous fera vivre sous un joug si rigoureux, que vous regretterez votre liberté , si vous ne regrettez pas votre vertu.

De Paris ^ le l^ de la lune de Chahban^ 1719*

Page 1