‹ Œuvres complètes de Montesquieu (volume 4)Chapitre 18 sur 168 · TOME IV · texte numérisé non relu

TOME IV

ii4 GRANDEUR ET DÉCADENCE

composé d'affiranchis , ou de fils d aflraiichis , devenant incommode, on en fit des colonies, par le moyen desquelles on s*assura de la fidélité des provinces. Cétoit une circulation des hommes de tout l'univers. Rome les recevoit esclaves, et les renvoyoit Romains,

Sous prétexte de quelques tumultes amvés dans les élections , Auguste mit dans la ville un gouverneur et une garnison; il rendit les corps des légions éternels , les plaça sur les frontières , et établit des fonds particuliers pour les payer ; enfin il ordonna que les vétérans recevroient leur récompense en argent et non pas en terres, (i)

U résultoit plusieurs mauvais effets de cette distribution des terres que Ton &isoit depuis Sylla. La propriété des biens des citoyens étoit rendue incertaine. Si on ne menoit pas dans un même lieu les soldats d'une cohorte , ils se dégoûtoient de leur établissement y laissoient les terres incultes, et devenoient de dangereux citoyens {2) : inais si on les distribuoit par légions, les ambitieux pouvoient trouver contre la république des armées dans un moment.

(i) Il régla que les soldats prétoriens auroîent cinq mille drachmes; deux après seize ans do service , et les trois autres mille drachmes après vingt ans de service. (Dion, in Jug.)

(a) Voyez Tacite ^ Annales j livre xiv, Œapitie xxvii, sur les soldats menés à Tarente et à Antiom.

DES ROMAINS, CHAP. XIII. n5

Auguste fit des établissements fixes pour la marine. G>mme avant lui les Romains n'avoient point eu des corps perpétuels de troupes de terre , ils n'en avoient point non plus de troupes de mer. Les flottes d'Auguste eurent pour objet principal la sûreté des conyois 9 et la communication des diverses parties de l'empire : car, d'ailleurs, les Romains étoient les maîtres de toute la Méditerranée ; on ne naviguoit dans ces temps - là que dans cette mer, et ils n'avoient aucun ennemi k craindre.

Dion remarque trèsrbien que depuis les empereurs il fut plus difficile d'écrire l'histoire : tout devint secret; toutes les dépêches des provinces furent portées dans le cabinet des empereurs ; on ne sut plus que ce que la folie et la hardiesse des tyrans ne voulut point cacher^ ou ce que les historiens cotijecturèrent.

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