ADIEUX A GÊNES
Adieu , Gènes détestable ; Adieu , séjour de Plutùs :
Si le ciel m'est favorabre, Je ne vous reverrai plus.
Adieu, boui^eois et noblesse Qhi n'as pour toutes vertus Qu une inutile richesse :
Je ne vous reverrai plus.
Adîeu, superbes palais Où lennui, par préférence, A choisi sa résidence :
Je vous quitte pour jamais.
Là le magistrat querelle , Et veut chasser les amants , Et se plaint que sa chandelle Brûle depuis trop long-temps.
> Cette pièce ayoit été doon^ par Montesquieu â uo de ses amis , ^ eomlition de ne la point faire voir , disant que c^ëtoit une plaisanterie faite dans un moment d^humeur , d^antant qui) ne sVtoit jamais piqué d^étre poète. U la fit ëtant embarque pour partir de Gènes , où il disoit s'être beaucoup ennuyé, parce qu'il n'y aToit formé aucune liaison , ni trouTé aucun de ces empressements qu'on lui aToit marqués partout ailleurs en Italie. Il faut que les Génois se soient bien civilisf^ depuis , et aient beaucoup changé de méthode dans l'accueil qulls funt aux étrangers ; ou bien l'ennui fît que l'auteur voulut se dirertir par cette petite satire , qui ne sauroit être prise pour une chose sérieas«, ni comm^ on jugement de ce voyageur éclairé.
lia POÉSIES.
Le vieux noble , quel délice l Voit son page à demi nu , Et jouit d'une avarice Qui loi fait montrer le eu.
Vous entendez d'un jocrisse Qui ne dort ni nuit ni jour.
Qu'il a gagné la jaunisse Par l'excès de son amour*
Mais un vent plus favorable A mes vœux vient se prêter.
11 n'est rien de comparable Au plaisir de vous quitter.