A LA LETTRE PRÉCÉDENTE
Monsieur , je ne puis que bien augurer de ma société littéraire, du moment qu'elle vous in-
' Pour demander à Sa Majesté une place dans FAcadémiç de Nancy. . .
4f6 LETTRES
§pire le déiir d^ être reçu. Un nom anssi dw^ tingué que le vôtre dans la république des lettres^ un mérite plus grand encore que votre nom, doivent la flatter sans doute ; et tout ce qui la flatte me touche sensiblement. Je viens d*assister à une de êcê séances particulières : votre lettre , que j'ai fait lire , a excité une joie qu'elle s'est chargée elle-même de vous exprimer. Elle seroit bien plus gfande, cette joie, si la société pouvoit se promettre de vous posséder de temps en temps. Ce bonheur, dont elle connoitroit leprix, en seroit un pour moi , qui serois vét*itablement ravi de vous revoir à ma cour. Mes sentiments pour vous sont toujours les mêmes, et jamais je ne cesserai dVtre bien sincèrement, Monsieur, votre bien affectionné, Stanislas, roi *.
'. Cette lettre fut e nvojrëe à Montesquieu en même tempe que celle du secrëtaire perpétuel, écrite au nom de l'Académit. Le secrétaire lui marquoit que la société avoit vu avec joie la lettre qu'il avoit écrite à Sa Majesté : <« Vous lui
• demandes, Monsieur, diioitp-il , une grâce que nous au-
• rions été empressés de vous demander à vouf-méme , si % Tusage nous Tavoit permis t nous nous estimons heureux » que vous prévoniee nos désirs. Vous pouvez , plus qu*un » autre, nous faire entrer dans Tesprit de nos lois, et nous N apprendre à remplir les vues du monarque que vous » aime I , et que nous voulons tâcher de satisfaire. C'en est I» déjà un moyen que de vous donner une place parmi nous; M et nous vous Taccordons avec d'autant plus de plai^r, M que nous pouvons par là nous acquitter envers Sa Majesté » d'une partie de notre reconnoissance , etc. » La satisfaction qu'avoii l'Académie de répondre aux désirs de Montesquieu
LETTRE LXVL
A M. DE SOLIGNAG , Secrëtaire de la Société littéraire de Nancy.
Monsieur , je crois ne pouvoir mieux faire mes remercîments à la société littéraire qu'en payant le tribut que je lui dois avant même qu'elle me le demande , et en faisant mon devoir d'académicien au moment de ma nqmination ; et comme je fais parler un monarque que ses grandes qualités élevèrent au trône de l'Asie , et à qui ces mêmes qualités firent éprouver de grands re«> vers , je le peins comme le père de la patrie , l'amour et les délices de ses sujets. J'ai cru que cet ouvrage convenoit mieux à votre société qu'à toute autre. Je vous Supplie d'ailleurs de vouloir bie^ lui marquer mon extrême reconnois* sance, etc.
De Paris , le 4 avril lySi .
fut bientôt augmentée par l'envoi que ce nouveau confrère lui fit d'un écrit qui a pour titre Lisimaque : il étoit accompagné de la lettre suivante, adressée au secrétaire de la so«» ciété. On y verra quelle étoit la raison qui engageoit Montesquieu à préférer à tout autre sujet celui qu'il traite dans cet ouvrage.