‹ Œuvres complètes de MontesquieuChapitre 124 sur 1159 · LETTRE D’UN NOUVELLISTE AU MINISTRE · texte numérisé non relu

LETTRE D’UN NOUVELLISTE AU MINISTRE

« Monseigneur ,

« Je suis le sujet le plus zélé que le roi ait jamais « eu. C’est moi qui obligeai un de mes amis d’exé- « cuter le projet que j’avais formé d’un livre pour « démontrer que Louis le Grand était le plus grand « de tous les princes qui ont mérité le nom de Grand. « Je travaille depuis longtemps à un autre ouvrage « qui fera encore plus d’honneur à notre nation , « si Votre Grandeur veut m’accorder un privilège : « mon dessein est de prouver que, depuis le cornet mencement de la monarchie, les Français n’ont « jamais été battus, et que ce que les historiens ont « dit jusqu’ici de nos désavantages sont de vérita-

LETTRES PERSANES

« blés impostures. Je suis obligé de les redresser « en bien des occasions ; et j’ose me flatter que je « brille surtout dans la critique. Je suis, Monsei- « gneur, etc. »

« Monseigneur,

« Depuis la perte que nous avons faite de M. le « comte de L. , nous vous supplions d’avoir la bonté « de nous permettre d’élire un président. Le désor- « dre se met dans nos conférences, et les affaires « d’État n’y sont pas traitées avec la même discussion « que parle passé; nos jeunes gens vivent absolu- « ment sans égard pour les anciens, et entre eux « sans discipline : c’est le véritable conseil de Ro- « boam, où les jeunes imposent aux vieillards. Nous « avons beau leur représenter que nous étions pai- « sibles possesseurs des Tuileries vingt ans avant « qu’ils fussent au monde; je crois qu’ils nous en « chasseront à la fin, et qu’obligés de quitter ces « lieux, où nous avons tant de fois évoqué les om- « bres de nos héros français , il faudra que nous « allions tenir nos conférences au Jardin du Roi ou « dans quelque lieu plus écarté. Je suis.... »

A Paris, le 7 de la luue de Geminadi 2, 171».

LETTRE CXXXÏ.

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