‹ Œuvres complètes de MontesquieuChapitre 140 sur 1159 · NARSIT A USBEK · texte numérisé non relu

NARSIT A USBEK

Le grand eunuque vient de mourir, magnifique seigneur; comme je suis le plus vieux de tes esclaves , j’ai pris sa place , jusqu’à ce que tu aies fait connaître sur qui tu veux jeter les yeux.

Deux jours après sa mort on m’apporta une de tes lettres qui lui était adressée : je me suis bien gardé de l’ouvrir; je l’ai enveloppée avec respect, et l’ai serrée jusqu’à ce que tu m’aies fait connaître tes sacrées volontés.

Hier, un esclave vint , au milieu de la nuit , me dire qu’il avait trouvé un jeune homme dans le sérail : je me levai , j’examinai la chose , et je trouvai que c’était une vision.

Je te baise les pieds, sublime seigneur; et je te prie de compter sur mon zèle , mon expérience , et ma vieillesse.

Du sérail d’Ispahan , le 5 de la lune de Gemmadi 1 , 1718

LETTRES PERSANES

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