‹ Œuvres complètes de MontesquieuChapitre 144 sur 1159 · USBEK A SOLIM · texte numérisé non relu

USBEK A SOLIM

Au sérail d’Ispahan.

Je te mets le fer à la main. Je te confie ce que fai à présent dans le monde de plus cher, qui est ma vengeance. Entre dans ce nouvel emploi ; mais n’y porte ni cœur ni pitié. J’écris à mes femmes de t’obéir aveuglément : dans la confusion de tant de crimes, elles tomberont devant tes regards. Il faut que je te doive mon bonheur et mon repos. Rendsmoi mon sérail comme je l’ai laissé. Mais commence par l’expier : extermine les coupables , et fais trembler ceux qui se proposaient de le devenir. Que ne peux-tu pas espérer de ton maître pour des services si signalés ? II ne tiendra qu’à toi de te mettre audessus de ta condition même , et de toutes les récompenses que tu as jamais désirées.

A Paris , le 4 de la lune de Chahban , 1719.

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