‹ Œuvres complètes de MontesquieuChapitre 202 sur 1159 · CHAPITRE XIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIX

411e grand crut qu’il importait à son avarice, à sa vengeance , à son ambition , de faire entrer les barbares dans l’empire, il le leur donna d’abord à ravager *.

Il n’y a point d’État où l’on ait plus besoin de tri-» buts que dans ceux qui s’affaiblissent ; de sorte que l’on est obligé d’augmenter les charges à mesure que l’on est moins en état de les porter : bientôt , dans les provinces romaines , les tributs devinrent intolérables.

Il faut lire, dans Salvien, les horribles exactions que l’on faisait sur les peuples2. Les citoyens , poursuivis par les traitants , n’avaient d’autre ressource que de se réfugier chez les barbares, ou de donner leur liberté au premier qui la voulait prendre.

Ceci servira à expliquer, dans notre histoire française, cette patience avec laquelle les Gaulois souffrirent la révolution qui devait établir cette différence accablante entre une nation noble et une nation roturière. Les barbares, en rendant tant de citoyens esclaves de la glèbe, c’est-à-dire du champ auquel ils étaient attachés , n’introduisirent guère rien qui n’eût été plus cruellement exercé avant eux3 4.

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