‹ Œuvres complètes de MontesquieuChapitre 330 sur 1159 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

Danger de la corruption du principe du gouvernement monarchique.

L’inconvénient n’est pas lorsque l’Etat passe d’un gouvernement modéré à un gouvernement modéré ,

1 Sous le règne de Tibère , on éleva des statues et l’on donna les ornements triomphaux aux délateurs : ce qui avilit tellement ces honneurs, que ceux qui les avaient mérités les dédaignèrent. (Fragm. de Dion, liv. LVIII, tiré de Y Extrait des vertus et des vices de Const. Porphyrog.) Voyez , dans Tacite, comment Néron , sur la découverte et la punition d’une prétendue conjuration, donna à Pétronius Turpilianus, à Nerva , à Tigellinus, les ornements triomphaux. {Ann. liv. XV.) Voyez aussi comment les généraux dédaignèrent de faire la guerre, parce qu’ils en méprisaient les honneurs. Pervulgatis trinm phi insignibus. (Tacite, Ann. liv. XIII.)

2 Dans cet État, le prince savait bien quel était le principe de son gouvernement.

3 Hérodien.

DË L’ESPRIT DES LOIS

comme de la république à la monarchie , ou de la monarchie à la république ; mais quand il tombe et se précipite du gouvernement modéré au despotisme.

La plupart des peuples d’Europe sont encore gouvernés par les mœurs. Mais si , par un long abus du pouvoir; si , par une grande conquête, le despotisme s’établissait à un certain point , il n’y aurait pas de mœurs ni de climat qui tinssent ; et , dans cette belle partie du monde , la nature humaine souffrirait, au moins pour un temps, les insultes qu’on lui fait dans les trois autres.

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