‹ Œuvres complètes de MontesquieuChapitre 446 sur 1159 · CHAPITRE XVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVIII

De la remise des tributs.

La maxime des grands empires d’Orient , de remettre les tributs aux provinces qui ont souffert , devrait bien être portée dans les États monarchiques. Il y en a bien où elle est établie; mais elle accable plus que si elle n’y était pas , parce que le prince n’en levant ni plus ni moins , tout l’État devient solidaire. Pour soulager un village qui paye mal, on charge un autre qui paye mieux; on ne rétablit point le premier, on détruit le second. Le peuple est désespéré entre la nécessité de payer, de peur des exactions, et le danger de payer, crainte des surcharges.

Un État bien gouverné doit mettre , pour le premier article de sa dépense, une somme réglée poulies cas fortuits. Il en est du public comme des particuliers , qui se ruinent lorsqu’ils dépensent exactement les revenus de leurs terres.

A l’égard de la solidité entre les habitants du même village , on a dit 3 qu’elle était raisonnable ,

1 II est vrai que c’est cet état d’effort qui maintient principalement l’équilibre, parce qu’il éreinte les grandes puissances.

2 II ne faut pour cela que faire valoir la nouvelle invention des milices- établies dans presque toute l’Europe , et les porter au même excès que l’on a fait les troupes réglées.

J 3 Voyez le Traité des finances des Romains, chap. Il, im-

primé à Paris , chez Briasson , 1740.

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