‹ Œuvres complètes de MontesquieuChapitre 479 sur 1159 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

Continuation du même sujet.

Quand toute la nation est guerrière , les esclavesarmés sont encore moins à craindre.

Par la loi des Allemands , un esclave qui volait 4 une chose qui avait été déposée , était soumis à la peine qu’on aurait infligée à un homme libre; mais s’il l’enlevait par 5 violence, il n’était obligé qu’à la restitution de la chose enlevée. Chez les Allemands , les actions qui avaient pour principe le courage et la force n’étaient point odieuses. Ils se servaient de leurs esclaves dans leurs guerres. Dans la plupart des républiques, on a toujours cherché à abattre le courage des esclaves; le peuple allemand, sûr de lui-même, songeait à augmenter l’audace des siens ; toujours armé , il ne craignait rien d’eux : c’étaient des instruments de ses brigandages ou de sa gloire.

1 Loi des Wïsiqoths , liv. III, tit. i, § 1.

2 Ibid. liv. Y, tit. vu, §20.

3 Ibid. liv. IX, tit. i, § 9.

4 Loi des Allemands, chap. v, § 3.

5 Ibid. chap. v, § 5 ,per virtutem.

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