‹ Œuvres complètes de MontesquieuChapitre 484 sur 1159 · livre XVI · texte numérisé non relu

livre XVI

Lorsqu’il y a beaucoup d’affranchis , il faut que les lois civiles fixent ce qu’ils doivent à leur patron , ou que le contrat d’affranchissement fixe ces devoirs pour elles.

On sent que leur condition doit être plus favorisée dans l’état civil que dans l’état politique, parce que dans le gouvernement, même populaire, la puissance ne doit point tomber entre les mains du bas peuple.

A Rome, où il y avait tant d’affranchis, les lois politiques furent admirables à leur égard. On leur donna peu, et on ne les exclut presque de rien. Ils eurent bien quelque part à la législation; mais ils n’influaient presque point dans les résolutions qu’on pouvait prendre. Ils pouvaient avoir part aux charges et au sacerdoce même 1 ; mais ce privilège étaif en quelque façon rendu vain par les désavantages qu’ils avaient dans les élections. Ils avaient droit d’entrer dans la milice; mais, pour être soldat, il fallait un certain cens. Rien n’empêchait les affranchis * de s’unir par mariage avec les familles ingénues ; mais il ne leur était pas permis de s’allier avec celles des sénateurs. Enfin leurs enfants étaient ingénus, quoiqu’ils ne le fussent pas eux-mêmes.

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