‹ Œuvres complètes de MontesquieuChapitre 500 sur 1159 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

De la jalousie.

Il faut bien distinguer, chez les peuples , la jalousie de passion d’avec la jalousie de coutume, de mœurs, de lois. L’une est une fièvre ardente qui dévore; l’autre, froide, mais quelquefois terrible , peut s’allier avec l’indifférence et le mépris.

L’une, qui est un abus de l’amour, tire sa naissance de l’amour même. L’autre tient uniquement aux mœurs, aux manières delà nation, aux lois du pays , à la morale , et quelquefois même à la religion1.

Elle est presque toujours l’effet de la force phy-

1 Mahomet recommanda à ses sectateurs de garder leurs femmes; un certain iman dit, en mourant, la même chose; et Confucius n’a pas moins prêché cette doctrine. — « Les Persans , dit Chardin , rapportent que leur législateur étant a l’agonie , leur dit pour la dernière chose : Gardez votre religion et vos femmes , paroles que ses sectateurs , animés de leur furieuse jalousie , ont citées depuis comme un commandement qui autorise la clôture de leurs femmes dans des sérails.... Et comme les mœurs des peuples tirent en partie leur origine des dogmes de leur foi , on a appris aux hommes , en Perse . qu’il y allait de la gloire de Dieu et de leur salut de soufmr qu’on jetât seulement les yeux sur les logis où leurs

femmes sont enfermées , et de regarder eux-mêmes vers l’endroit ou sont les femmes de leur prochain. » {Voyage en Perse, Description du gouvernement , chap. xji.)

sique du climat , et elle est le remède de cette force physique.

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