‹ Œuvres complètes de MontesquieuChapitre 530 sur 1159 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

Des lois civiles chez les peuples qui ne connaissent point l’usage de la momiaie.

Quand un peuple n’a pas l’usage de la monnaie on ne connaît guère chez lui que les injustices qui viennent de la violence; et les gens faibles, en s’unissant, se défendent contre la violence. Il n’y a guère là que des arrangements politiques. Mais , chez un peuple où la monnaie est établie, on est

1 C’est ainsi que Diodore nous dit que des bergers trouvèrent l’or des Pyrénées. — Aristote dit la même chose, lib. de Mirabilibiis. Mais Strabon traite cela de fable. Au reste, tout ce que Diodore dit des mines d’Espagne est tiré de Posidonius, comme on peut le voir dans le passage cité par Strabon. (P.)

DE L’ESPRIT DES LOIS

sujet aux injustices qui viennent de la ruse; et ces injustices peuvent être exercées de mille façons. On y est donc forcé d’avoir de bonnes lois civiles : elles naissent avec les nouveaux moyens et les diverses manières d’être méchant.

Dans les pays où il n’y a point de monnaie, le ravisseur n’enlève que des choses , et les choses ne se ressemblent jamais. Dans les pays où il y a de la monnaie , le ravisseur enlève des signes , et les signes se ressemblent toujours. Dans les premiers pays , rien ne peut être caché , parce que le ravisseur porte toujours avec lui des preuves de sa conviction : cela n’est pas de même dans les autres.

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