‹ Œuvres complètes de MontesquieuChapitre 542 sur 1159 · livre xvaii, CHAPITRE XXIX · texte numérisé non relu

livre xvaii, CHAPITRE XXIX

« quand iis vont eux-mêmes chercher une proie.

« Il serait indigne que nos jeunes gens qui sont « dans nos armées fussent censés etre dans un âge « trop faible pour régir leur bien, et pour régler la « conduite de leur vie. C’est la vertu qui fait la ma- « jorité chez les Goths. »

Childebert. II avait quinze ans1 lorsque Gontran, son oncle, le déclara majeur, et capable de gouverner par lui-même. On voit, dans la loi des Ripuaires, cet âge de quinze ans, la capacité de porter les armes, et la majorité, marcher ensemble. « Si un Ripuaire est mort, ou a été tué, y est- « il dit 2, et qu’il ait laissé un fils, il ne pourra pour- « suivre, ni être poursuivi en jugement, qu’il « n’ait quinze ans complets; pour lors il répondra « lui-même, ou choisira un champion. » Il fallait que l’esprit fût assez formé pour se défendre dans le jugement , et que le corps le fût assez pour se défendre dans le combat. Chez les Bourguignons 3 4, qui avaient aussi l’usage du combat dans les actions judiciaires, la majorité était encore à quinze ans.

Agathias nous dit que les armes des Francs étaient légères; ils pouvaient donc être majeurs à quinze ans. Dans la suite, les armes devinrent pesantes : et elles l’étaient déjà beaucoup du temps de Charlemagne, comme il paraît par nos capitulaires et par nos romans. Ceux qui 4 avaient des fiefs , et qui par conséquent devaient faire le service militaire ne furent plus majeurs qu’à vingt et un ans 5.

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