‹ Œuvres complètes de MontesquieuChapitre 636 sur 1159 · CHAPITRE XXIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIII

Problème.

Ce n’est point à moi à prononcer sur la question , si l’Espagne ne pouvant faire le commerce des Indes par elle-même, il ne vaudrait pas mieux qu’elle le rendît libre aux étrangers. Je dirai seulement qu’il lui convient de mettre à ce commerce le moins d’obstacles que sa politique pourra lui permettre. Quand les marchandises que les diverses nations portent aux Indes y sont chères , les Indes donnent beaucoup de leur marchandise , qui est l’or et l’argent, pour peu de marchandises étrangères : le contraire arrive lorsque celles-ci sont à vil prix. Il serait peut-être utile que ces nations se nuisissent les unes les autres , afin que les marchandises qu’elles portent aux Indes y fussent toujours à bon marché. Voilà des principes qu’il faut examiner, sans les séparer pourtant des autres considérations : la sûreté des Indes, l’utilité d’une douane unique, les i dangers d'un grand changement , les inconvénients

DE L'ESPRIT DES LOIS

qu’on prévoit, et qui souvent sont moins dangereux que ceux qu’on ne peut pas prévoir.

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