‹ Œuvres complètes de MontesquieuChapitre 735 sur 1159 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

pensa pas seulement à éloigner les ecclésiastiques des affaires, mais encore à leur ôter l’embarras d’une famille; et c’est la pratique de la principale branche de la loi chrétienne.

Je ne parlerai point ici des conséquences de la loi du célibat : on sent qu’elle pourrait devenir nuisible àproportion que le corps du clergé serait trop étendu, et que par conséquent celui des laïques ne le serait pas assez.

Par la nature de l’entendement humain, nous aimons, en fait de religion, tout ce qui suppose un effort, comme, en matière de morale, nous aimons spéculativement tout ce qui porte le caractère de la sévérité. Le célibat a été plus agréable aux peuples à qui il semblait convenir le moins , et pour lesquels il pouvait avoir de plus fâcheuses suites. Dans les pays du midi de l’Europe , où , par la nature du climat , la loi du céliRat est plus difficile à observer, elle a été retenue; dans ceux du nord, où les passions sont moins vives, elle a été proscrite. Il y a plus : dans les pays où il y a peu d’habitants , elle a été admise; dans ceux où il y en a beaucoup, on l’a rejetée. On sent que toutes ces réflexions ne portent que sur la trop grande extension du célibat , et non sur le célibat même.

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