‹ Œuvres complètes de MontesquieuChapitre 917 sur 1159 · LIVRE XXXI, CHAPITRE VUE · texte numérisé non relu

LIVRE XXXI, CHAPITRE VUE

le? rois étaient pourtant à la tête des armées, et le tr aire et la nation combattaient sous eux. Mais la victoire du duc Pépin sur Théodoric et son maire 1 acheva de dégrader les rois 2 ; celle que remporta Charles-Martel sur Chilpéric et son maire Rainfroy 3 confirma cette dégradation. L’Austrasie triompha deux fois de la Neustrie et de la Bourgogne; et la mairie d’Austrasie étant comme attachée à la famille des Pépins , cette mairie s’éleva sur toutes les autres mairies , et cette maison sur toutes les autres maisons. Les vainqueurs craignirent que quelque homme accrédité ne se saisît de la personne des rois pour exciter des troubles. Ils les tinrent dans une maison royale, comme dans une espèce de prison 4. Une fois, chaque année, ils étaient montrés au peuple. Là ils faisaient des ordonnances5, mais c’étaient celles du maire; ils répondaient aux ambassadeurs, mais c’étaient les réponses du maire. C’est dans ce temps que les historiens nous parlent du gouvernement des maires sur les rois qui leur étaient assujettis6.

Le délire de la nation pour la famille de Pépin alla si loin, qu’elle élut pour maire un de ses petits-fils qui était encore dans l’enfance 7; elle l’établit sur un certain Dagobert , et mit un fantôme sur un fantôme.

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