‹ Œuvres complètes de Octave CrémazieChapitre 17 sur 33 · FÊTE NATIONALE · texte numérisé non relu

FÊTE NATIONALE

Jour de saint Jean-Baptiste, ô fête glorieuse ! Tu portes avec toi la trace radieuse

De nos vieux souvenirs français ; Rappelant à nos cœurs les vertus de nos pères, Tu montres, rayonnant de feux et de lumières,

Leur gloire et leurs nobles bienfaits.

Douce et fraîche oasis, par le Seigneur donnée. Tu vois les Canadiens revenir chaque année,

A Tombre de tes verts rameaux.

S'abreuver à longs traits à ta source chérie. En chantant à la fois Tbymne de la patrie

Et les grands noms de ses héros.

Il est sur le sol d'Amérique Un doux pays aimé des cieux.

Où la nature magnifique Prodigue ses dons merveilleux.

Ce sol, féf'ondé par la France Qui régna sur ses bords fleuris, Cest notre amour, notre espérance Canadiens, c'est notre pays.

POÉ8IKS. 163

Pour conserver cet héritage Que nous ont légué nos aïeux, Malgré les vents, malgré l'orage, Soyons toujours unis comme eux.

Marchons sur leur brillante trace, De leurs vertus suivons la loi.

Ne souffrons pas que rien efface £t nôtre langue et notre foi.

0 de l'union fraternelle Jour triomphant et radieux.

Ah ! puisse ta flamme immortelle Remplir notre cœur de ses feux :

Oui, puisse cette union sainte. Qui fit nos ancêtres si grand h.

Garder toujours de toute atteinte L'avenir de leurs descendantn.

Les vieux chênes de la montagne Où combattirent nos lûieux ; Le sol de la verte campagne Où coula leur sang généreux ; Le flot qui chante à la prairie La splendeur de leurs noms bénis, La grande voix de la patrie.

Tout nous redit : Soyez unis.

^ Canadiens-Français, dans ce jour lolennel ^^Harchons donc fièrement sous la vieille bannière ^ni vit de Carillon le combat immortel, ^ous sommes les enfants de la race guerrière

164 POÉSIEl^.

Qui fait briller partoat son nom resplendissant En martyrs, en héros race tocgours féconde, Elle tire aujourd'hai ce glaive étinoelant Dont les larges rayons illuminent le monde.

Entendez-vous au loin, sous les murs des Sforza, Retentir dans les airs l'hymne de la victoire? Voyez-vous ces héros, vainqueurs de Magenta, Se couronner encor des palmes de la gloire Aux champs de Marignan, illustrés par Bayard ? Soyons fiers aujourd'hui du beau nom de nos pères, Soyons fiers de marcher sous leur vieil étendard. Car ces guerriers vainqueurs, ces héros sont nos frères.

Québec, 24 juin 1856.

POÉSIES. Ifi5

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