SCÈNE V. — NEPTUNE, les trois néréides
NEPTUNE, dans son char formé d'une grande conque de niu re, et tiré par deux chevaux marins.
Je sais vos déplaisirs, Mes filles; et je viens au bruit de vos soupirs, De l'affront qu'on vous fait plus que vous en colère. C'est moi que tyrannise un superbe de frère , Qui dans mon propre État m'osant faire la loi, M'envoie un de ses fils pour triompher de moi. Qu'il règne dans le ciel, qu'il règne sur la terre; Qu'il gouverne à son gré l'éclat de son tonnerre ; Que même du Destin il soit indépendant; Mais qu'il me laisse à moi gouverner mon trident. C'est bien assez pour lui d'un si grand avantage, Sans me venir braver encor dans mon partage. Après cet attentat sur l'empire des mers, Même honte à leur tour menace les enfers; Aussi leur souverain prendra notre querelle : Je vais l'iiitéresser avec Junon pour elle; Et tous trois, assemblant notre pouvoir tn un. Nous saurons bien dompter notre tyran commun. Adieu. Consolez- vous, nymphes trop outragées; Je périrai moi-même , ou vous serez vengées : Et j'ai su du Destin, qui se ligue avec nous, Qu'Andromède ici-bas n'aura jamais d'époux. (// fond au milieu de la mer.)
CYMODOCE.
Après le doux espoir d'une telle promesse. Reprenons, chères sœurs, une entière allégresse.
(Les néréides se nloHQcnt aussi dans lo mer.)
152 ANDROMÈDE