ACTE I, SCENE II
El qu'un sceptre so't cru d'un si grand poids pour nous, QàB pour le soutenir il nous faille un époux ! A p;ine ai-je deux mois porté le diadème, Q le de tous les côlés j'entends dire qu'on m'aime, Si toutefois sans crime et sans m'en indigner Je puis nommer amour une ardeur de régner. L'ambition des grands à cet espoir ouverte Semble pour m'acquérir s'apprêter à nia per'e; Et pour trancher le cours de leurs dissensions, Il faut fermer la porte à leurs prétentions ; Il m'en faut choisir un; eux-mêmes m'en convient, Mon peuple m'en conjure, et mes États m'en prient; Et même par mon ordre ils m'en proposent trois, Do t mon cœur à leur gré peut faire un digne choix. Don Lope de Gusman, don Manrique de Lare, Et don Alvar ce Lune, ont un mérite rare : Mais que me sert ce choix qu'on fait en leur faveur, Si pas un d'eux enfin n'a celui de mon cœur?
D. LÉONOR
On vous les a nommés, mais sans vous les prescrire: On vous o'rjéira. quoi qu'il vgus plaise élire : Si le cœur a choisi, vous pouvez faire un roi.
D. ISABELLE
Madame, je suis reine, et dois régner sur moi. Le rang que nous tenons, jaloux de notre gloire, Souvent dans un tel cho'x nous défend de nous croire, Jette sur nos désirs un joug impérieux, Et dédaigne l'avis et du cœur et des yeux.
Qu'on ouvre. Juste ciel, vois ma peine, et m'inspire Et ce que je dois faire , et ce que je dois dire 1