‹ Œuvres complètes de P. CorneilleChapitre 194 sur 343 · ACTE V, SCÈNE VI · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE VI

La reine d'Aiagon agrandiroit son fils.

(.1 D. Léonor.) Si vous le recevez avec autant de joie , Madame, que par moi ce vieillard vous l'envoie, Vous donnerez sans doute à cet illustre fils Un rang encor plus haut que celui de marquis. Ce bo.i homme en paroîl l'âme toute comblée. {D. Alvar présente à D. Léonor un pelit écrin qui s'ouvre sans clef, au moyen d'un ressort secret.)

D. ISABELLE

Madame . à cet aspect vous paroissez troublée.

D. LÉONOR

J'ai bien sujet de l'être en recevant ce don , Madame; j'en saurai si mon fils vit, ou non; Et c'est où le feu roi, déguisant sa naissance, D'un so:t si précieux mit la reconnoissance. Disons ce qu'il enferme avant que de l'ouvrir. Ah! Sanche. si par là je puis le découvrir, Vous pouvez être sûr d'un entier avantage Dan- les lieux dont le ciel a fait notre partage; Et qu'après ce trésor que vous m'aurez rendu, Vous recevrez le prix qui vous en sera dû. Mais à ce doux transport c'est déjà trop permettre. Trouvons notre bonheur avant que d'en promettre.

Ce présent donc enferme un tissu de cheveux Que reçut don Feinand pour arrhes de mes vœux, Son portrait et le mien, deux pieries les plus rares Que forme le soleil sous les climats barbares, Et, pour un témoignage encore plus certain, Un billet que lui-même écrivit de sa main.

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