SCÈNE II. — GARIBALDE
Quelle confusion! et quelle tyrannie
M'ordonne d'espérer ce qu'elle me dénie 1
Et de quelle façon est-ce écouter des vœux,
Qu'obliger un amant à travailler contre eux?
Simple 1 ne prétends pas , sur cet espoir frivole ,
Que je lâche à te rendre un cœur que je te vole.
Je t'aime , mais enfin je m'aime plus que toi.
C'est moi seul qui le porte à ce manque de foi;
Auprès d'un autre objet c'est moi seul qui l'engage ;
Je ne détruirai pas moi-mêma mon ouvrage.
Il m'a choisi pour toi, de peur qu'un autre époux
Avef crop de chaleur n'embrasse ton courroux;
Lidis lui-mèm.e il se trompe en l'amant qu'il te donne.
Je t'ain^.e, et puissamment, mais moins que la couronne;
Et mon ambition, qui tâche à te gagner,