‹ Œuvres Completes de P.-J. de Beranger (volume 2)Chapitre 105 sur 153 · ADIEUX A DES AMIS · texte numérisé non relu

ADIEUX A DES AMIS

Air : C'est unianla, landerirette.

D'ici faut-il que je parte, Mes amis, quand loin de vous Je ne puis voir sur la carte D'asile pour moi plus doux !

Même au sein de notre ivresse, Dieu ! je crois être à demain :

Fouette, cocher, dit la Sagesse ;

Et me voilà sur le chemin.

DEBÉRANGRR. 241

Malgré les sermons du sage,

On pourrait, grâce aux plaisirs,

Aux fatigues du voyage

Opposer d'heureux loisirs.

Mais une ardeur importune

En route met chaque humain :

Fouette, cocher, dit la Fortune -, Et nous voilà sur le chemin.

Ne va point voir ta maîtresse.

Ne va point au cabaret.

Me vient dire avec rudesse

Un médecin indiscret ;

Mais Lisette est si jolie !

Mais si doux est le bon vin !

Fouette, cocher, dit la Folie -, Et me voilà sur le chemin.

Parmi vous bientôt peut-être

Je chanterai mon retour.

Déjà je crois voir renaître

L'aurore d'un si beau jour.

L'Allégresse, que j'encense,

A mon paquet met la main :

Fouette, cocher, dit l'Espérance ; Et me voilà sur le chemin.

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