‹ Œuvres Completes de P.-J. de Beranger (volume 2)Chapitre 110 sur 153 · SI J'ÉTAIS PETIT OISEAU · texte numérisé non relu

SI J'ÉTAIS PETIT OISEAU

Air nouveau de Wilhem ou U faut que l'on file doux.

Moi, qui, même auprès des belles.

Voudrais vivre en passager.

Que je porte envie aux ailes De l'oiseau vif et léger !

Combien d'espace il visite !

A voltiger tout l'invite :

L'air est doux, le ciel est beau.

Je volerais vite, vite, vite.

Si j'étais petit oiseau.

C'est alors que Philomèle M'enseignant ses plus doux sons.

J'irais de la pastourelle Accompagner les chançons.

Puis J'irais charmer l'ermite Qui, sans vendre l'eau bénite.

Donne aux pauvres son manteau.

Je volerais vite, vite, vite, Si j'étais petit oiseau.

Puis j'irais dans le bocage, Où des buveurs en gaîté.

Attendris par mon ramage,

Ne boiraient qu'à la beauté.

Puis ma chanson favorite, Aux guerriers qu'on déshérite Ferait chérir le hameau.

Je volerais vite, vite, vite.

Si j'étais petit oiseau.

Puis j'irais sur les tourelles Où sont de pauvres captifs, En leur cachant bien mes ailes, Former des accords plaintifs.

L'un sourit à ma visite ; L'autre rêve, dans son gîte.

Aux champs où fut son berceau .

Je volerais^ vite, vite, vite.

Si j'étais petit oiseau.

Puis, voulant rendre sensible Un roi qui fuirait l'ennui.

Sur un olivier paisible J'irais chanter près de lui.

Puis j irais jusqu'où s'abrite Quelque famille proscrite.

Porter de l'arbre un rameau.

Je volerais vite, vite, vite, Si j'étais petit oiseau.

Puis jusques où naît l'aurore.

Vous, méchants, je vous fuirais, A moins que l'amour encore Ne me surprît dans ses rets.

Que sur un sein qu*il agite.

Ce chasseur que nul n'évite Me dresse un piège nouveau, J'y volerais vite, vite, vite, Si j'étais petit oiseau.

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