‹ Œuvres Completes de P.-J. de Beranger (volume 2)Chapitre 130 sur 153 · LES ENFANTS DE LA FRANCE · texte numérisé non relu

LES ENFANTS DE LA FRANCE

Air : Vaudeville de Turenne.

Reine du monde, ô France, ô ma patrie !

Soulève enfin ton front cicatrisé.

Sans qu'à tes yeux leur gloire en soit flétrie, De tes enfants l'étendard s'est brisé. (6m.) Quand la Fortune outrageait leur vaillance, Quand dç tes mains tombait ton sceptre d'or,

Tes ennemis disaient encor :

Honneur aux enfants de la France ! {bis.)

De tes grandeurs tu sus te faire absoudre, France, et ton nom triomphe des revers.

Tu peux tomber, mais c'est comme la foudre, Qui se relè\e et gronde au haut des airs.' Le Rhin aux bords ravis à ta puissance Porte à regret le tribut de ses eaux ; Il crie au fond de ses roseaux :

Honneur aux enfants de la France !

Pour effacer des coursiers du Barbare

Les pas empreints dans tes champs profanés,

Jamais le ciel te fut-il moins avare?

D'épis nombreux vois ces champs couronnés.

D'un vol fameux prompts a venger l'ofiense *,

* La spoliation du Mus^e.

Vois les beaux-arts, consolant leurs autels, Y graver en traits immortels :

Honneur aux enfants de la France !

Prête l'oreille aux accents de l'histoire :

Quel peuple ancien devant toi n'a tremblé ?

Quel nouveau peuple, envieux de ta gloire, Ne fut cent fois de ta gloire accablé ?

En vain l'Anglais a mis dans la balance L'or que pour vaincre ont mendié les rois ;

Des siècles entends-tu la voix ?

Honneur aux enfants de la France !

Dieu, qui punit le tyran et l'esclave, Veut te voir libre, et libre pour toujours.

Que tes plaisirs ne soient plus une entrave : La Liberté doit sourire aux amours.

Prends son flambeau, laisse dormir sa lance ; Instruis le monde, et cent peuples divers Chanteront en brisant leurs fers :

Honneur aux enfants de la France !

Relève-toi, France, reine du monde !

Tu vas cueillir tes lauriers les plus beaux.

Oui, d'âge ^p âge une palme féconde

Doit de tes fils protéger les tombeaux, (his.)

Que près du mien, telle est mon espérance,

Pour la patrie admirant mon amour.

Le voyageur répète un jour :

Honneur aux enfants de la France ! (bis.)

DEBÈRAMGER. 303

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