‹ Œuvres Completes de P.-J. de Beranger (volume 2)Chapitre 132 sur 153 · LES ROSSIGNOLS · texte numérisé non relu

LES ROSSIGNOLS

AIR : C'est à mon maître en l'art de plaire.

La nuit a ralenti les heures ;

Le sommeil s'étend sur Paris.

Charmez l'écho de nos demeures -,

Éveillez-vous, oiseaux chéri».

Dans ces instants où le cœur pense,

Heureux qui peut rentrer en soi !

De la nuit j'aime le silence :

Doux rossignols, chantez pour moi. (bh.)

Doux chantres de l'amour fidèle, De Phryné fuyez le séjour :

Phryné rend chaque nuit nouvelle Complice d'un nouvel amour.

En vain des baisers sans ivresse.

Ont scellé des serments sans foi ; Je crois encore à la tendresse : Doux rossignols, chantez pour moi.

Pour vous il n'est point de Zoïle ; Mais croyez- vous, par vos accords, Toucher l'avare au cœur stérile,

Qui compte à présent ses trésors ?

Quand la nuit, favorable aux ruses, Pour son or le remplit d'effroi.

Ma pauvreté sourit aux Muses :

Doux rossignols, chantez pour moi.

Vous qui redoutez l'esclavage.

Ah I refusez vos tendres airs A ces nobles qui, d'âge en âge.

Pour en donner portent des fers.

Tandis qu'ils veillent en silence, Debout auprès du lit d'un roi.

C'est la liberté que j'encense :

Doux rossignols, chantez pour moi.

Mais votre voix devient plus vive :

Non, vous n'aimez pas les méchants.

Du printemps le parfum m'arrive Avec la douceur de vos chants ; La nature, plus belle encore, Dans mon cœur va graver sa loi.

J'attends le réveil de l'aurore :

Doux rossignols, chantez pour moi. (bis.)

halte-la:

ou LE SYSTÈME DES INTERPRÉTATIONS.

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