ADRESSES A MADAME DUFRB8NOY
Air
Veille encore, ô lampe fidèle Que trop peu d'huile vient nourrir I Sur les accents d'une immortelle Laisse mes regards s'attendrir.
De l'amour, que sa lyre implore.
Tu le sais, j'ai subi la loi.
DBBÉRàNGBR. 325
Veille, ma lampe, veille encore :
Je lis les vers de Dufresnoy.
Son livre est plein d'un doux mystère, Plein d'un bonheur de peu d'instants ; Il rend à mon lit solitaire Tous les songes de mon printemps.
Les dieux qu'au bel âge on adore Voudraient-ils revoler vers moi ?
Veille, ma lampe, veille encore :
Je lis les vers de Dufresnoy.
Si, comme Sapho qu'elle égale.
Elle eût, en proie à deux penchants.
Des Amours ardente rivale, Aux Grâces consacré ses chants, Parny, près d'une Èléonore, Ne l'aurait pu voir sans effroi.
Veille, ma lampe, veille encore :
Je lis les vers de Dufresnoy.
Combien a pleuré sur nos armes Son noble cœur de gloire épris !
De n'être pour rien dans ses larmes L'Amour alors parut surpris.
Jamais au pays qu'elle honore Sa lyre n'a manqué de foi.
Veille, ma lampe, veille encore :
Je lis les vers de Dufresnoy.
Aux chants du Nord on fait hommage Des lauriers du Pinde avilis ;
3â6 CHANSONS
Mais de leur gloire sois l'image , Toi, ma lampe, toi qui pâlis.
A ton déclin je vois Taurore Triompher de l'ombre et de toi ; Tu meurs, et je relis encore Les vçrs charmants de Dufresnoy.