‹ Œuvres Completes de P.-J. de Beranger (volume 2)Chapitre 141 sur 153 · LE VIEUX DRAPEAU · texte numérisé non relu

LE VIEUX DRAPEAU

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Air : Elle aime à rire, elle aime à buire.

De mes vieux compagnons de gloire Je viens de me voir entouré ; Nos souvenirs m'ont enivré, Le vin m'a rendu la mémoire.

Fier de mes exploits et des leurs.

J'ai mon drapeau dans ma chaumière.

Quand secoùrai-je la poussière Qui ternit ses nobles couleurs ?

Il est caché sous l'humble paille Où je dors pauvre et mutilé.

Lui qui, sûr de vaincre, a volé Vingt ans de bataille en bataille !

Chargé de lauriers et de fleurs, 11 brilla sur l'Europe entière.

Quand secoùrai-je la poussière Qui ternit ses nobles couleurs ^

OCBtRANCIIR.

Ce drapeau payait h la Franco Toirt le 8ang qu'il nous a coûté.

Sur le mn de la Liberté Nos fib jouaient avec sa lance.

Qu'il prouve encore aux oppreasourH Combien la gloire est roturière.

Quand secoûrai-je la poussière Qui ternit ses nobles couleurs ?

Son aigle est resté dans la poudre, Fatigué de lointains exploits.

Rendons-lui le coq des Gaulois :

Il sut aussi lancer la foudre.

La France, oubliant ses douleurs, Le rebénira, libre et fière.

Quand secoûrai-je la poussière Qui ternit ses nobles couleurs H

Las d'errer avec la Victoire, Des lois il deviendra l'appui.

Chaque soldat fut, grâce à lui, Citoyen au bord de la Loire.

Seul il peut voiler nos malheurs ; Déployons-le sur la frontière. Quand secoûrai-je la poussière Qui ternit ses nobles couleurs 1

Mais il est là près de mes armes ; Un instant osons l'entrevoir.

Viens, mon drapeau, viens, mon espoir !

C'est à toi d'essuyer mes larmes.

D'un guerrier qui verse des pleur.s

•JH.

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Le ciel entendra la prière :

Oui, je secoùrai la poussière Qui ternit tes nobles couleurs.

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