‹ Œuvres Completes de P.-J. de Beranger (volume 2)Chapitre 25 sur 153 · LA DOUBLE IVRESSE · texte numérisé non relu

LA DOUBLE IVRESSE

Air : Que ne suis-Je la fougère!

Je reposais sous l'ombrage, Quand Nferis vint m'éveiller :

Je crus voir sur son visage Le feu du désir briller.

Sur son front Zéphire agite La rose et le pamprç vert ; Et de son sein qui palpite Flotte le voile eutr*ouvert.

Un enfant qui suit sa trace (Son frère, si je l'en crois) Presse pour remplir sa tasse Des raisins entre ses doigts.

Tandis qu'à mes yeux la belle Chante et danse à ses chansons, L'enfant, caché derrière elle.

Mêle au vin d'affreux poisons.

Nœris prend la tasse pleine, Y goûte, et vient me l'offrir .

Ah î dis-je, la ruse est vaine :

Je sais qu'on peut en mourir.

Tu le veux, enchanteresse !

Je bois, dussé-je en ce jour Du vin expier l'ivresse Par l'ivresse de l'amour.

Mon délire fut extrême ; Mais aussi qu*il dura peu !

Ce n*est plus Nœris que j'aime, Et Nœris s'en fait un jeu.

De ces ardeurs infidèles Ce qui reste, c'est qu'enfin, Depuis, à l'amour des belles J'ai mêlé le goût du vin.

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