‹ Œuvres Completes de P.-J. de Beranger (volume 2)Chapitre 3 sur 153 · LA GAUDRIOLE · texte numérisé non relu

LA GAUDRIOLE

Air : La bonne aventure.

Momus a pris pour adjoints

Des rimeurs d'école :

Des chansons en quatre points

Le froid nous désole.

Mirliton s'en est allé.

Ah 1 la muse de Collé,

C'est la gaudriole, Ogué,

C'est la gaudriole.

Moi, des sujets polissons

Le ton m'affriole.

Minerve dans mes chansons

Fait la cabriole.

De ma grand'mère, après tout, Tartufes, je tiens le goût

De la gaudriole, Ogué,

De la gaudriole.

Elle amusait à dix ans

Son maître d'écdle. — ;.

Des cordeliers gros -plaisants '"

Elle fut l'idole.

Au prêtre qui l'elhortait, En mourant elle contait .

Une gaudriole, Ogué,

Une gaudriole. ' •

C'était la régence alors ;

Et, sans hyperbole, Grâce aux plus drôles de corps,

La France était folle.

Tous les hommes plaisantaient, Et les femmes se prêtaient

A la gaudriole, gué,

A la gaudriole.

On ne rit guère aujourd'hui.

Estp-on moins frivole?

Trop de gloire nous a nui ;

DE BÉRANGER. n

Le plaisir s'envole.

Mais au Français attristé Qui peut rendre la gaîté?

C'est la gaudriole, gué,

C'est la gaudriole.

Prudes, qui ne criez plus

Lorsqu'on vous viole, Pourquoi prendre un air confus

A chaque parole?

Passez les mots aux rieurs :

Leff plus gros sont les meilleurs

Pour la gaudriole, Ogué,

Pour la gaudriole.

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