‹ Œuvres Completes de P.-J. de Beranger (volume 2)Chapitre 36 sur 153 · LA CENSURE · texte numérisé non relu

LA CENSURE

Q'JI COURUT MAVUSCRITB AU MOIS D'aOUT 1814*.

Air : Qu'est-ce qu'ça me fait à moi?

Que, sous le joug des libraires, On livre encor nos auteurs Aux censeurs, aux inspecteurs, Rats-de-cave littéraires ; Riez-en avec moi.

Ahl pour rire Et pour tout dire.

Il n'est besoin, ma foi, D'un privilège du roi î

L'état ayant plus d'un membre Que la presse eût fait trembler.

Qu'on ait craint son franc parler Dans la chambre et l'antichambre ; Riez-en avec moi.

Ah! pour rire Et pour tout dire, ir n'est besoin, ma foi.

D'un privilège du roi !

* On venait de discuter à la Chambre une loi restrictive de la liberté de la presse , présentée par l'abbé de Montesquiou , ministre de l'intérieur.

Que cette chambre sensée Laisse avec soumission Sortir la procession Et renfermer la pensée ; Riez-en avec moi.

Ah! pour rire Et pour tout dire, Il n'est besoin, ma foi, D'un privilège du roi !

Qu'un censeur bien tyrannique De l'esprit soit le geôlier.

Et qu'avec son prisonnier Jamais il ne communique ; Riez-en avec moi.

Ah! pour rire Et pour tout dire.

Il n'est besoin, ma foi, D'un privilège du roi.

Quand déjà l'on n'y voit guère.

Quand on a peine à marcher.

En feignant de la moucher, Qu'on éteigne la lumière ; Riez-en avec moi.

Ah I pour rire Et pour tout dire.

Il n'est besoin, ma foi.

D'un privilège du roi !

Qu'un ministre qui s'irrite Quand on lui fait la leçon.

DE BÉRANGER. t»3

Lise tout bas ma chanson, Qui lui parvient manuscrite ; Hiez-en avec moi.

Ah ! pour rire £t pour tout dire, Il n'est besoin, ma foi, D'un privilège du roi ! •

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