‹ Œuvres Completes de P.-J. de Beranger (volume 2)Chapitre 51 sur 153 · BOUQUET · texte numérisé non relu

BOUQUET

h UNE DAME AGES DE SOIXANTE-DIX AN6 , LE JOUR DE SAINTE-MARGUERITE.

Air : La Catacoua.

Laissons la musique nouvelle :

Notre amie est du bon vieux temps.

Sur un air aussi simple quelle Chantons des couplets bien chantants.

L'esprit du jour a son mérite, .

Mais c*est surtout lui que je crains :

Ses traits si fins

Me semblent vains; Pour les entendre il faudrait des devins.

Amis, chantons à Marguerite De vieux airs et de gais refrains.

Elle a chanté dans sa jeunesse

Ces couplets comme on n'en fait plus, -

Où Favard peignait sa tendresse,

Où Panard frondait les abus.

Contre l'humeur qui nous irrite,

Quels antidotes souverains !

Leurs vers badins.

Francs et malins.

Aux moins joyeux faisaient battre des mains.

Ahl rappelons à Marguerite Leurs vieux airs et leurs gais refrains.

C'est un charme que la mémoire :

On se répète jeune ou vieux.

Les refrains forment notre histoire ; Il faut tâcher qu'ils soient joyeux.

Amusons le temps qui trop vite Entraîne les pauvres humains ;

Et les destins

Sur nos festins Faisant briller des jours longs et sereins, Que dans trente ans pour Marguerite Nos couplets soient de gais refrains!

A table alors venant nous rendre, Tous le front ridé par les ans, Dans une accolade bien tendre Nous mêlerons nos cheveux blancs.

Les souvenirs naîtront bien vite; Nos cœurs émus en seront pleins. Moments divins!

Les noirs chagrins Fuyant au bruit des transports les plus saints. Sur les cent ans de Marguerite Nous chanterons de gais refrains !

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