‹ Œuvres Completes de P.-J. de Beranger (volume 2)Chapitre 83 sur 153 · MA RÉPUBLIQUE · texte numérisé non relu

MA RÉPUBLIQUE

Air : Vaudeville de la petite Gouvernante.

J'ai pris goût à la république Depuis que j'ai vu tant de rois.

Je m'en fais une, et je m'applique A lui donner de bonnes lois.

On n'y commerce que pour boire, On n'y juge qu'avec gaîté ; Ma table est tout son territoire ; Sa devise est la liberté.

Amis, prenons tous notre verre,

Le sénat s'assemble aujourd'hui.

D'abord, par un arrêt sévère,

A jamais proscrivons l'ennui.

Quoi ! proscrire? Ah! ce mot doit être

Inconnu dans notre cité.

Chez nous l'ennui ne pourra naître:*

Le plaisir suit la liberté.

DB BÉRàNGER. 191

Du luxe, dont elle est blessée,

La joie ici défeud l'abus ;

Point d'entraves à la pensée,

Par ordonnance de Bacchus.

A son gré que chacun professe

Le culte de sa déité ;

Qu'on puisse aller même à la messe :

Ainsi le veut la liberté.

La nobleisse est trop abusive :

Ne parlons point de -nos aïeux.

Point de titre, même au convive

Qui rit le plus ou boit le mieux.

Et si quelqu'un, d'humeur traîtresse.

Aspirait à la royauté,

Plongeons ce César dans l'ivresse,

Nous sauverons la liberté.

Trinquons à notre république.

Pour voir son destin affermi.

Mais ce peuple si pacifique Déjà redoute un ennemi :

C'est Lisette qui nous rappelle :

Sous les lois de la volupté.

Elle veut régner, elle est belle ; C'en est fait de la liberté.

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