‹ Œuvres Completes de P.-J. de Beranger (volume 2)Chapitre 95 sur 153 · LE SOIR DES NOCES · texte numérisé non relu

LE SOIR DES NOCES

Air : Zon! ma Lisette, zon! ma Lison.

L'hymen prend cette nuit Deux amants dans sa nasse.

Qu'au seuil de leur réduit Un doux concert se place.

Zon ! flùle et basse !

Zon! violon!

Zon ! flûte et basse !

Et \iolon, zon, zon!

Par ce trou fait exprès, Voyons ce qui se passe.

L'épouse a mille attraits, L'époux est plein d'audace.

2^n ! flûte et basse !

Zon ! violon !

Zon! flûte et basse!

Et violon, zon, zon!

L'épouse veut encor Fuir l'époux qui l'embrasse ; Mais sur plus d'un trésor Le fripon fait main basse.

Zon! flûte et basse!

Zon ! violon î

Zon ! flûte et basse !

Et violon, zon, zon!

Elle tremble et pâlit Tandis qu'il la délace.

Il va briser le lit ; Il va rompre la glace.

Zon! flûte et basse 1

Zonl violon!

ZonI flûte et basse!

Et violon, zon, zon !

Mais, pris au trébuchet, L'époux, quelle disgrâce !

De l'oiseau qu'il cherchait N'a trouvé que la place.

. Zon! flûte et basse!

Zon! violon!

Zon ! flûte et basse !

Et violon, zon, zon!

La belle en sanglotant Se confesse à voix basse.

D'un divorce éclatant Tout haut il la menace.

Zon ! flûte et basse !

Zon! violon!

Zon ! flûte et basse !

Et violon, zon, zon!

Monsieur jure après nous ; Mais qu'à tout il se fasse :

Du livre des époux Il n'est qu'à la préface.

Zon ! flûte et basse !

Di bGrangeh.

Zon ! Yiolon I Zon ! flbte et basse !

El violon, zon, zon!

LINDf'PENDANT.

Hespetleî mon indépendatife, Esclaves de ta vanité ; C'està l'ombre de l'indigence Que j"ai trouvé la liberté, [bis.] Jugez aiLi chantg qu'elle m'inspire Quel est sur moi son asceinianl ! {/lin.) Lisette seule a le droit de sourire Quand je lui dis : Je suis indépendant, Je suis, je suis indépendant.

Oui, je suis un pauvre sauvage

Errant dans la société ;

Et pour repousser l'eselavage

Je n'ai qu'un are et ma paîté.

Mes (rails sont reux de la satirp ;

Je les lance en me défendant.

Lisette seule a le droit do sourire Quand je lui dis ; Je sma indépendant.

Je suis, je suis indépendant.

Chacun rit des flntteucsdul^uvif.

Valets, en tout t^mps prosternés.

Dans cette auberge qui ne s'ouvre Que pour des passants couronnés.

On rit du fou qui sur sa lyre Chante à la porte en demandant.

Lisette seule a le droit de sourire Quand je lui dis : Je suis indépendant. Je suis, je suis indépendant.

Toute puissance est une gène :

Oh 1 d'un roi que je plains l'ennui !

C'est le conducteur de la chaîne ;

Ses captifs sont plus gais que lui.

Dominer ne peut me séduire ;

J'offre l'amour pour répondant.

Lisette seule a le droit de sourire Quand je lui dis : Je suis indépendant,

Je suis, je suis indépendant.

En paix avec ma destinée, Gaiment je poursuis mon chemin, Riche du pain de la journée, Et de l'espoir du lendemain.

Chaque soir, au lit qui m'attire Dieu me conduit sans accident.

Lisette seule a le droit de sourire Quand je lui dis : Je suis indépendant, Je suis, je suis indépendant.

Mais quoi ! je vois Lisette ornée

De ses attraits les plus puissants.

Qui des chaînes de l'hy menée

Veut charger mes bras caressants, (bis.)

Voilà comme on perd un empire !

Non, non, point d'hymen imprudent, [bis.) Que toujours Lise ait le droit de sourire Quand je lui dis : Je suis indépendant,

Je suis, je suis indépendant.

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