‹ Œuvres Completes de P.-J. de Beranger (volume 2)Chapitre 97 sur 153 · LA BONNE VIEILLE · texte numérisé non relu

LA BONNE VIEILLE

Air de Wilhbm , ou Muse des bois et des plaisirs champêtres.

Vous vieillirez, ô ma belle maîtresse !

Vous vieillirez, et je né serai plus.

Pour moi le temps semble, dans sa vitesse, Compter deux fois les jours que j'ai perdus ; Survivez-moi-, mais que l'âge pénible Vous trouve encor fidèle a mes leçons ; Et bonne vieille, au coin d'un feu paisible.

De votre ami répétez les chansons.

Lorsque les yeux chercheront sous vos rides Les traits charmants qui m'auront inspiré, Des doux récits les jeunes gens avides Diront : Quel fut cet ami tant pleuré ?

Démon amour peignez, s'il est possible, L'ardeur, l'ivresse, et même les soupçons ; Et bonne vieille, au coin d'un feu paisible, De votre ami répétez les chansons.

222 CHAIfSONS

On vous dira : Savait-il être aimable ?

Et sans rougir vous direz : Je Taimais.

D'un trait méchant se montra-t-il capable ?

Avec orgueil vous répondrez : Jamais.

Ah ! dites bien qu'amoureux et sensible, D'un luth joyeux il attendrit les sons ; Et bonne vieille, au coin d'un feu paisible, De votre ami répète:^ les chansons.

Vous que j'appris à pleurer sur la France, Dites surtout aux fils des nouveaux preux Que j'ai chanté la gloire et l'espérance Pour- consoler mon pays malheureux.

Rappelez-leur que l'aquilon terrible De nos lauriers a détruit vingt moissons ; Et bonne vieille, au coin d'un feu paisible, De votre ami répétez les chansons.

Objet chéri, quand mon renom futile De vos vieux ans charmera les douleurs, A mon portrait, quand votre main débile.

Chaque printemps suspendra quelques fleurs.

Levez les yeux vers ce monde invisible Où pour toujours nous nous réunissons ; Et bonne vieille, au coin d'un feu paisible.

De votre ami répétez les chansons.

Tintin, tintin, tintin, r lin tintin ; Ça grossissait son bulletin :

Soldats, voilà Catin!

Depuis les Alpes je vous sers ;

Je me mis jeune eu route.

A quatorze ans, dans les déserts,

Je vous portais la goutte ; Puis j'entrai dans Vienne un matin, Tintin, tintin, tintin, r'iin tintin; Puis j'entrai dans Vienne un matin :

Soldats, voilà Catin l

De mon commerce et des amours C'était le temps prospère.

A Rome je passai huit jours.

Et de notre Saint-Père

Je débauchai le sacristain, Tintin, tintin, tintin, r'iin tintin;

Je débauchai le sacristain :

Soldats, voilà Catin !

J'ai fait plus que maint duc et pair Pour mon pays que j'aime :

A Madrid, si j'ai vendu cher.

Et cher à Moscou même,

J'ai donné gratis à Pantin, Tintin, tintin, tintin, r'iin tintin;

J'ai donné gratis à Pantin :

Soldat:^, voilà Catin !

Quand au nombre il fallut céder

La \ictoire infidèle, Que n'avais-je pour vous guider

Ce qu'avait la Pucelle!

L'Anglais aurait fui sans butin, Tintin, tintin, tintin, r'iin tintin ; L'Anglais aurait fui sans butin :

Soldats, voilà Catin 1

Si je vois de nos vieux guerriers

Pâlis par la souffrance.

Qui n'ont plus, malgré leurs lauriers,

De quoi boire à la France, Je refleuris encor leur teint, Tintin, tintin, tintin, r'Iin tintin; Je refleuris encor leur teint :

Soldats, voilà Catin !

Mais nos ennemis, gorgés d'or,

Paîront encor à boire.

Oui, pour vous doit briller encor

Le jour de la victoire.

J'en serai le réveil-matin, Tintin, tintin, tintin, r'Iin tintin ; J'en serai le réveil-matin :

Soldats, voilà Catin !

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