‹ Œuvres complètes de P.-J. de Béranger (volume 3)Chapitre 11 sur 167 · AUX ÉLECTIONS D · texte numérisé non relu

AUX ÉLECTIONS D

An: FâQl <ria vertu , pu trop d*(|D Ciut

Autour du pot c'est trop tourner, Messieurs ! Ton m'attend pour diner.

Électeurs, j'ai , sans nul mystère , Fait de bons dîners l'an passé.

On met la table au ministère ; Renommez-moi, je suis pressé.

Autour du pot c'est trop tourner, Messieurs ! l'on m'attend pour diner.

Préfets, que tout nous réussisse.

Et du moins vous conserverez, Si l'on vous traduit en justice.

Le droit de choisir les jiu'és.

bis.

• LE VENTRU AUX ÉLECTIONS. -ïi

Autour du pot c'est trop tourner, Messieurs ! Ton m'attend pour dîner.

Maires, soignez bien mes affaires :

Vous courez aussi des dangers.

Si les villes nommaient leurs maires , Moins de loups deviendraient bergers.

Autour du pot cest trop tourner, Messieurs ! Ton m'attend pour dîner.

Dévots , j'ai la foi la plus forte ; A Dieu je dis chaque matin :

Faites qu'à cent écus l'on porte La patente d'ignorantin.

Autour du pot c'est trop tourner, Messiieurs ! l'on m'attend pour dîner.

Ultras, c'est moi qu'il faut qu'on nomme ; Faisons la paix, preux chevaliers :

N'oubliez pas que je suis homme A manger à deux râteliers.

Autour du pot c'est trop tourner , Messieurs ! l'on m'attend pour dîner.

!k4 LE VENTRU AUX ÉLECTIOÎiS. •

IJbéraox, dans tos doléances.

Pourquoi dcMic vous en prendre à moi.

Quand le creuset <les ordonnances Peut faire évaporer la loi?

Autour du pot c*est trop tourner, 3Iessieurs ! Ton m^attend pour diner.

emplois étant ma ressource.

Aux impôts dois-je m'opposer ?

Par honneur je remplis la bourse Où par devoir j'aime à puiser.

Autour du pot c'est trop tourner, 3Iessieurs ! Ton m'attend pour diner.

On craindrait Téquité farouche D'un tas d'orateurs éclatants; Moi , dès que j'ouvrirai la bouche , Les ministres seront ccmtents.

Autour du pot c'est trop tourner.

Messieurs ! Ton m'attend pour diner.

Air : Ah ! que de chagrins dans la vie !

Combien la nature est féconde En plaisirs ainsi qu'en douleurs !

De noirs fléaux couvrent le monde De débris , de sang et de pleurs. ( bis. )

Mais à ses pieds la beauté nous attire ;

Mais des raisins le nectar est foulé.

Coulez, bons vins ; femmes, daignez sourire; Et l'univers est consolé.

Chaque pays eut son déluge ;

Hélas ! peut-être jour et nuit

Une arche est encor le refuge

De mortels que l'onde poiursuit.

Sitôt qu'Iris brille sur leur navire , Et que vers eux la colombe a volé , Coulez, bons vins ; femmes, daignez sourire ;

Et l'univers est consolé.

Quel autre champ de funérailles !

L'Etna s'agite , et, furieux ,

Semble y du fond de ses entrailles,

Vomir Fenfer contre les cicux.

Mais pour renaître enfin sa rage expire : 11 se rasseoit sur le monde ébranlé.

Coulez, bons vins; femmes, daignez sourire ;

Et l'univers est consolé.

Dieu ! que de soufirances nouvelles !

L'affreux vautour de l'Orient,

La peste a déployé ses ailes

Sur l'homme, qui tombe en fuyant.

Le ciel s'apaise, et la pitié respire ; On tend la main au malade exilé.

Coulez, bons vins; femmes, daignez sourire;

Et l'univers est consolé.

Mars enfin comble nos misères :

Des rois nous payons les défis.

Humide encor du sang des pères,

La terre boit le sang des fils.

Mais l'homme aussi se lasse de détruire , Et la nature à son cœur a parlé.

Coulez, bons vins; femmes, daignez sourire;

Et lunivers est consolé.

Ah ! loin d'accuser la nature,

Du printemps chantons le retour ;

Des roses de sa chevelure

Parfumons la joie et l'amour.

Malgré Thorreur que Tesclavage inspire, Sur les débris d*un empire écroulé, Coulez, bons vins; femmes, daignez sourire ;

Et l'univers est consolé.

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