AUX ÉLECTIONS D
An: FâQl <ria vertu , pu trop d*(|D Ciut
Autour du pot c'est trop tourner, Messieurs ! Ton m'attend pour diner.
Électeurs, j'ai , sans nul mystère , Fait de bons dîners l'an passé.
On met la table au ministère ; Renommez-moi, je suis pressé.
Autour du pot c'est trop tourner, Messieurs ! l'on m'attend pour diner.
Préfets, que tout nous réussisse.
Et du moins vous conserverez, Si l'on vous traduit en justice.
Le droit de choisir les jiu'és.
bis.
• LE VENTRU AUX ÉLECTIONS. -ïi
Autour du pot c'est trop tourner, Messieurs ! Ton m'attend pour dîner.
Maires, soignez bien mes affaires :
Vous courez aussi des dangers.
Si les villes nommaient leurs maires , Moins de loups deviendraient bergers.
Autour du pot cest trop tourner, Messieurs ! Ton m'attend pour dîner.
Dévots , j'ai la foi la plus forte ; A Dieu je dis chaque matin :
Faites qu'à cent écus l'on porte La patente d'ignorantin.
Autour du pot c'est trop tourner, Messiieurs ! l'on m'attend pour dîner.
Ultras, c'est moi qu'il faut qu'on nomme ; Faisons la paix, preux chevaliers :
N'oubliez pas que je suis homme A manger à deux râteliers.
Autour du pot c'est trop tourner , Messieurs ! l'on m'attend pour dîner.
!k4 LE VENTRU AUX ÉLECTIOÎiS. •
IJbéraox, dans tos doléances.
Pourquoi dcMic vous en prendre à moi.
Quand le creuset <les ordonnances Peut faire évaporer la loi?
Autour du pot c*est trop tourner, 3Iessieurs ! Ton m^attend pour diner.
emplois étant ma ressource.
Aux impôts dois-je m'opposer ?
Par honneur je remplis la bourse Où par devoir j'aime à puiser.
Autour du pot c'est trop tourner, 3Iessieurs ! Ton m'attend pour diner.
On craindrait Téquité farouche D'un tas d'orateurs éclatants; Moi , dès que j'ouvrirai la bouche , Les ministres seront ccmtents.
Autour du pot c'est trop tourner.
Messieurs ! Ton m'attend pour diner.
Air : Ah ! que de chagrins dans la vie !
Combien la nature est féconde En plaisirs ainsi qu'en douleurs !
De noirs fléaux couvrent le monde De débris , de sang et de pleurs. ( bis. )
Mais à ses pieds la beauté nous attire ;
Mais des raisins le nectar est foulé.
Coulez, bons vins ; femmes, daignez sourire; Et l'univers est consolé.
Chaque pays eut son déluge ;
Hélas ! peut-être jour et nuit
Une arche est encor le refuge
De mortels que l'onde poiursuit.
Sitôt qu'Iris brille sur leur navire , Et que vers eux la colombe a volé , Coulez, bons vins ; femmes, daignez sourire ;
Et l'univers est consolé.
Quel autre champ de funérailles !
L'Etna s'agite , et, furieux ,
Semble y du fond de ses entrailles,
Vomir Fenfer contre les cicux.
Mais pour renaître enfin sa rage expire : 11 se rasseoit sur le monde ébranlé.
Coulez, bons vins; femmes, daignez sourire ;
Et l'univers est consolé.
Dieu ! que de soufirances nouvelles !
L'affreux vautour de l'Orient,
La peste a déployé ses ailes
Sur l'homme, qui tombe en fuyant.
Le ciel s'apaise, et la pitié respire ; On tend la main au malade exilé.
Coulez, bons vins; femmes, daignez sourire;
Et l'univers est consolé.
Mars enfin comble nos misères :
Des rois nous payons les défis.
Humide encor du sang des pères,
La terre boit le sang des fils.
Mais l'homme aussi se lasse de détruire , Et la nature à son cœur a parlé.
Coulez, bons vins; femmes, daignez sourire;
Et lunivers est consolé.
Ah ! loin d'accuser la nature,
Du printemps chantons le retour ;
Des roses de sa chevelure
Parfumons la joie et l'amour.
Malgré Thorreur que Tesclavage inspire, Sur les débris d*un empire écroulé, Coulez, bons vins; femmes, daignez sourire ;
Et l'univers est consolé.