LE MARIAGE DU PAPE
Oui^ je suis Pape, et prends femme qui m^aime. Chantons ! dansons ! bonne chère et bon vin ! Faisons la noce y et qu'avant neuf mois même , Mon premier-né soit tenu par Calvin.
Vite en carrosse ,
Vite à la noce ; Juif ou chrétien , tout le monde est prié.
Vite en carrosse ,
Vite à la noce.
Alléluia ! le Pape est marié.
Sur l'Évangile on a fat im long somme ; Réveillons-nous 9 desservants du saint lieu. Pour nous sauver quand un Dieu s'est fait homme, De son vicaire on osait faire un Dieu !
Vite en carrosse ,
Vite à la noce ; Juif ou chrétien y tout le monde est prié.
Vite en carrosse ,
Vite à la noce.
Alléluia ! le Pape est marié.
Ayons des mœurs , pour sauver du naufrage L'église en butte à tous nos ennemis ;
36o L£ MARIAGE DU PAPE.
Mais I par réforme usant du inariage y N'avouons pas que c'est in extremis.
Vite en carrosse ,
Vite à la noce ; Juif ou chrétien y tout le monde est prié.
Vite en carrosse,
Vite à la noce.
Alléluia ! le Pape est marié.
Du célibat rompez y rompez Tentravie^ Prélats y curés I chartreux et capucins. Vous y plus d'erreurs y Florentins du conclave : La foi chancelle , il faut faire des saints.
Vite en carrosse y
Vite à la noce ; Juif ou chrétien , tout le monde est prié.
Vite en carrosse ,
Vite à la noce.
Alléluia ! le Pape est marié.
Nous étions tous intolérants en diable ; Nous changerons sous le joug conjugal.
On est moins prompt à brûler son semblable Quand à le faire on s'est donné du n^.
LE MARIAGE DU PAPE. 36i
Vite en carroëse ^
Vite à la noce ; Juif ou chrétien, tout le inonde est prié.
Vite en carrosse ,
Vite à la noce.
Alléluia ! le Pape est marié.
Çà , ma papesse y un jour qu'on puisse dire Qu'en bons époux tous deux avons vécu ; Vous le sentez : l'enfer mourrait de rire , S'il apprenait que le Pape est cocu.
Vite en carrosse ,
Vite à la noce ; Juif ou chrétien , tout le monde est prié.
Vite en carrosse ,
Vite à la noce.
Alléluia ! le Pape est marié.
Ainsi chantait ce fou que je crois sage , Quand un impie arrive triomphant , Pour nous parler d'un curé de village Que sa servante accuse d'un enfant.
Vite eu carrosse , Vite à la no ce j
3tia LE MARIAGE DU PAPE.
Juif ou chrétien y tout le monde est prié.
Vite en carrosse ,
Vite à la noce.
Alléluia ! le Pape est marié.
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Air: Mon pèr^ m*a donné un mar|.
Sorciers y bateleurs OÙ filous , / Reste immonde D'un ancien monde ; Sorciers , bateleurs où filous , Gais Bohémiens 9 d-ou irenèz-ivous ?
D'où nous venons? l'on n'en sait rie».
L'hirondelle D'où vous vient-elle ?
D'où nous venons? l'on n'en sait rien.
Où nous irons , lé saît*oh bien ?
Sans pays, sans prince et sans lois> Notre vie Doit faire envie ; ^
Sans pays , sans prince et sans lois , L'homme est heureux un jour sm^ trois.
Tous indépendants nous naissons , Sans église Qui nous baptise ; Tous indépendants nous naissons Au bruit du fifre et des chansons.
Nos premiers pas sont dégagés , Dans ce monde Où Terreur abonde ; Nos premiers pas sont dégagés Du vieux maillot des préjugés.
Au peuple y en butte à nos larcins , Tout grimoire En peut faire accrcnre ; Au peuple y en butte à nos larcins, Il Êiut des sorciers et des saints.
Trouvons-nous Plutus en chemin , Notre bande Gaîment demande ; Trouvons-nous Plutus en chemin , En chiantant nous tendons la nmit).
Pauvres oiseaux que Dieu bénit !
De la ville Qu'on nous exile ;
Pauvrea oiBeanx que Dieu bénit , Au fond des bois pend notre nid.
A tâtons r Amour, chaque nuit y Nous attelé Tous péle-méle ; A tâtons l'Amour , chaque miit j Nous attèle au char qu'il conduit.
Ton œil ne peut se détacher ^ Philosophe De mince étoffe ; Ton œil ne peut se détacher Du vieux coq de ton vieux clocher.
Voir c'est avoir. Allons courir !
Vie errante Est chose enivrante.
Voir c'est avoir. Allons courir \ Car tout voir c'est tout conquérir.
Mais à l'homme on crie en tout lieu j Qu'il s'agite , Ou croupisse au gite ; Mais à l'homme on crie en tout lieu : a Tu nais, bonjour; tu meurs, adieu. »
Quand nous mourons , vieux ou bambin , Homme ou femme y A Dieu soit notre ame !
Quand nous mourons » vieux ou bambin , On vend le corps au carabin.
Nous n*avons donc , exempts d'orgueil , De lois vaines , De lourdes chaînes ; Nous n'avons donc , exempts d'orgueil , Ni berceau , ni toit , ni cercueil.
Mais, croyez-en notre gaîté , Noble ou prêtre y Valet ou maître ; Mais y croyez-en notre gaité , Le bonheur c'est la liberté.
Oui , croyez-en notre gaîté , Noble ou prêtre , Valet ou maître ; Oui , croyez-en notre gaîté , I^ bonheur c'est la liberté.
aas s®w^a2i2as ^w s^a^ssas»
Am: Passez votre chemin , beau sire.
On parlera de sa gloire
Sous le chaume bien long^'temps.
L'humble toit, dans cinquante ans, Ne connaîtra plus d'autre histoire.
Là viendront les villageois
Dire alors à quelque vieille :
Par des récits d'autrefois ,
Mère , abrégez notre veille.
Bien , dit-on , qu'il nous ait nui ,
Le peuple encor le révère , Oui , le révère.
Parlez-nous de* lui , grand'mère ; Parlez-nous de lui. (bis.)
Mes enfants, dans ce village , Suivi de rois , il passa.
Voilà bien long-temps de ça :
Je venais d'entrer en ménage.
A pied grimpant le coteau Où pour voir je m'étais mise ^ Il avait petit chapeau Avec redingote grise.
Près de lui je me troublai , Il me dit : Bonjour, ma chère ,
Bonjour, ma chère, — 11 vous a parlé , grand'mère !
Il vous a parlé !
L'an d'après, moi, pauvre femme, A Paris étant un jour , Je le vis avec sa cour :
Il se rendait à Notre-Dame.
Tous les cœurs étaient contents ; On admirait son cortège.
Chacun disait : Quel beau temps !
Le ciel toujours le protège.
Son sourire était bien doux ; D'un fils Dieu le rendait père ,
Le rendait père.
— Quel beau jour pour vous , grand'mère ! Quel beau jour pour vous !
Mais , quand la pauvre Champagne Fut en proie aux étrangers , Lui , bravant tons les dangers ,
LES SOUVENIRS DU PECPLEi 869
Semblait seul tenir la caippfigiDé.
Un soir , tout comme aujourd'hui j > J'entende frappera la porte; J'ouVre , bon Dieu ! c'était lui Suivi d'une faibleieaeorte; ' Il s'asseoit où me voilà ^ ■ ^ S'écriaht : Oh ! quelle >guerre ! »
Oh ! qUeUe guerre <! .. ., . .;;».['
— Il s'est assis là , grand'mène ! . . t Il s'est assis là! <• > H
J'ai faim y dit-il ; et bien vite Je sers piquette et pain bis ; Puis il sèche ses habits , Même à dormir le feu l'invite.
Au réveil , voyant mes pleurs , Il me dit : fionne espérance !
Je cours de tous f^ès malheurs; Sous Paris venger la France.
Il part ; et comme un trésor J'ai depuis gardé son verre , Gardé son verre.
— Vous l'avez encor , grand'mère !
Vous l'avez encor !
Le voici. Mais à sa perte IjC héros fut entraîné.