‹ Œuvres complètes de P.-J. de Béranger (volume 3)Chapitre 24 sur 167 · HALTE-LA · texte numérisé non relu

HALTE-LA

Que les dieux de la peinture Sont touchés de votre encens; Que votre ame encor brisée Pleure un vol fait par des rois ?

« Ah ! vous pleurez le Musée, tt Dit Marchangy le Gaulois.

«Halte-là!

« Vite en prison pour cela. »

Si je dis que la musique Vous offre aussi des succès ; Qu'à plus d un chant héroïque S'émeut votre cœur français ; « On ne m'en fait point accroire , « S'écrie H., radieux; « Chanter la France et la gloire , « C'est par trop séditieux.

a Halte4à !

« Vite en prison pour cela. »

« Si je peins la bienfaisance

Et les pleurs qu'elle tarit ;

Si je chante l'opulence

A qui le pauvre sourit,

Dit : « La bonté rend suspect ;

« Et soulager l'infortune ,

5a HALTE-LA!

ft Cesi nous manquer de respect.

«Halte4à!

« Vite en prison pour cela. »

En vain Famitié m'inspire :

Je suis effrayé de tout.

A peine j'ose vous dire Que c'est le quinze d'août.

« Le quinze d'août ! s'écrie <x Bellart toujours en fureur :

« Vous ne fêtez pas Marie, « Mais vous fêtez l'empereur !

« Halte-là !

c( Vite en prison pour cela. »

Je me tais donc par prudence , Et n'offre que quelques fleurs.

Grand Dieu ! quelle inconséquence !

Mon bouquet a trois couleurs.

Si cette erreur fait scandale , Je puis me perdre avec vous.

Mais la clémence royale Est là pour nous sauver tous...

Halte-là !

Vite en prison pour cela.

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