‹ Œuvres complètes de P.-J. de Béranger (volume 3)Chapitre 3 sur 167 · LA COURONNE · texte numérisé non relu

LA COURONNE

l^e Français, poëte et guerrier, Sert les Muses et la Victoire.

Le front ceint d'un double laurier, Il triomphe et chante sa gloire.

Quand du rang qu'il doit occuper 11 tombe , trahi par Bellone , Le sceptre lui peut échapper, Mais il conserve sa couronne.

Belles , vous portez à quinze ans La couronne de l'innocence :

Bientôt viennent les cpurtisans ; Comme les rois on vous encense.

Comme eux de pièges séducteurs L'artifice vous environne ; Vous n'écoutez que vos flatteurs, • Et vous perdez votre couronne.

Perdreûme couronne ! A ces mots Chacun doit penser à la sienne.

Je n'ai point doublé les impôts :

Je n'ai point de noblesse ancienne.

Mon peuple], buvons de concert :

La place me parait si bonne !

N'allez pas avant le dessert Me faire abdiquer la couronne.

LES MISSIO^NAIRES.

iliR : Le cœur à U dai se , fie.

Satan dit un jour à ses pairs :

On en veut à nos hordes ; C est en éclairant l'univers

Qu'on éteint les discordes.

Par brevet d'invention J'ordonne une mission.

En vendant des prières, Vite soufflons , soufflons , morbleu !

Éteignons les lumières (

Et rallumons le feu.

Exploitons , en diables cafards ,

Hameau, ville et banlieue.

D'Ignace imitons les renards ^

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