LE CINQ MAI
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A» : Vase des bois et des accords champêtres.
Des Espagnols m'ont pris sur leur navire ' , Aux bords lointains où tristement j'errais. Humble dâ^ris d'un héroïque empire , J'avais dans l'Inde exilé mes regrets.
Mais loin du Cap y après cinq ans d'absence j Sous le soleil > je vogue plus joyeux. Pauvre soldat , je reverrai la France : La main d'un fils me fermera les yeux.
Dieux ! le pilote a cf ié : Sainte-Hélène ! Et voilà donc où languit le héros !
Bons Espagnols , là s'éteint votre haine !
1. Des peuples de rBnrope, les Espagnols étaient ceux qui avaient les pins justes plaintes à formel contre Napoléon. En plaçant son soldat sur un vaisseau de cette nation, fauteur eut la pensée de faire voira quel point les mulheurt du grand homme avalent réconcilié tous les peuples avec sa gloire.
lia LE CINQ MAL
Nous maudissons ses fers et ses bourreaux. Je ne puis rien , rien pour sa délivrance : Le temps n^est plus des trépas glorieux ! Pauvre soldat , je reverrai la France : La main d'un fils me fermera les yeux.
Peut-être il dort ce boulet invincible Qui fracassa vingt trônes à la fois. . Ne peut-il pas , se relevant terrible , Aller mourir sur la tête des rois ?
Ah ! ce rocher repousse l'espérance :
L'aigle n'est plus dans le secret des dieux. Pauvre soldat , je reverrai la France : La main d'un fils me fermera les yeux.
Il fatiguait la Victoire à le suivre : Elle était lasse ; il ne l'attendit pas. Trahi deux fois , ce grand homme a su vivre. Mais quels serpents enveloppent ses pas ! De tout laurier un poison est l'essence ' ; La mort couronne un front victorieux.
Pauvre soldat , je reverrai la France : La main d'im fils me fermera les yeux.
1. On extrait de plusieurs espèce» de lauriers un poison des plus actifs. Il est nécessaire de rappeler aussi qu'à la mort de Napoléon , beaucoup de personnes, même fort éclairées, crurent qu*il avait péri empoisonné.
LE CINQ MAL ii3
Dès qu'on signale une nef vagabonde, « Serait-ce lui ? disent les potentats : « Vient-il encor redemander le monde ?
tf Armons soudain deux millions de soldats. » Et lui , peut-être accablé de souffrance , A la patrie adresse ses adieux.
Pauvre soldat , je reverrai la France : La main d'un fils me fermera les yeux.
Grand de génie et grand de caractère ,
Pourquoi du sceptre arma-t-il son orgueil ?
Bien au-dessus des trônes de la terre
Il apparaît brillant sur cet écueil.
Sa gloire est là comme le phare immense
D'un nouveau monde et d'un monde trop vieux.
Pauvre soldat , je reverrai la France :
La main d'un fils me fermera les yeux.
Bons Espagnols , que voit-on au rivage ? Un drapeau noir ! ah ! grands dieux , je frémis ! Quoi! lui mourir! ô gloire ! quelVeuvage ! Autour de moi pleurent ses ennemis.
Loin de ce roc nous fuyons en silence ; L'astre du jour abandonne les cieux.
Pauvre soldat , je reverrai la France : La main d'un fils me fermera les yeux.