‹ Œuvres complètes de P.-J. de Béranger (volume 3)Chapitre 53 sur 167 · LA GARDE NATIONALE · texte numérisé non relu

LA GARDE NATIONALE

Qu'on eût pu nous voir quelqu' jour, Dans not' verre, eux hoir' la goutte, Nous , marcher à leur tambour.

N' cessons pas , Chers amis, d' marcher au pas.

Nos voix ont paru sinistres :

D' nouveau pourtant il faudra Crier à bas les ministres ^ Les jésuit' et cœtera^ Pour son argent j' crois qu' la foule A bien l' droit d' formel^ un Vœu ; N'est-c' que quand la maison croule Qu'on permet d' crier au feu?

N' cessons pas , Chers amis , d' marcher au pas.

Au lieu d' monter à la Chambre , Nous aurions bien dû , je l' sens , Des injur s de plus d'un membre Demander raison aux trois cents* I-a Charte qu'on y tiraille Est leur rempart ; mais , au fond , On peut franchir c'te muraille Par les brèches qu'ils y font.

N' cessons pas , Chers amis , d' marcher au pas.

i'2(j LA GARDE NATIONALE.

Au château fisiire V service Sans cartouches pour se garder ; En voir donner à chaqu Suisse ; En arrièr ça fait r'garder.

Qui rétrograde se blouse ; Gens d' la cour, sauf vot' respect, Vous risquez quatre-vingt-douze Pour ravoir quatre-vingt-sept.

N' cessons pas , Chers amis, d' marcher au pas.

Puisqu' Mont-Rouge nous menace , Et rêv' quelqu' Saint-Barthél'my , Préparons-nous , quoi qu'on fasse , A repousser l'ennemi.

Quand vers un' perte certaine L' navire est conduit foU'ment , En dépit du capitaine , Faut sauver le bâtiment.

N' cessons pas, Chers amis , d' marcher au pas.

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