‹ Œuvres complètes de P.-J. de Béranger (volume 3)Chapitre 86 sur 167 · LA COURONNE DE BLUETS · texte numérisé non relu

LA COURONNE DE BLUETS

Dans son conseil alors j'arrive (Où les rimeurs n'entrent-ils pas?) ; En joue il vous met sans qui vive !

Mais je l'aborde chapeau bas :

tt Jupin , de ton arrêt j'appelle ; Ta balance et tes poids sont faux :

Ta cour de justice étemelle A-t-elle eu ses gardes des sceaux ?

« Braque tes lunettes , vieux sire, Sur le front couronné par nous ; De la candeur c'est le sourire , De la bonté c'est l'œil si doux. Lorsque les carreaux de son foudre Chez nos sourds passent pour muets , Jupin ne mettrait-il en poudre Qu'une couronne de bluets? »

« Oh ! oh ! dit-il , qu'allais-je faire ? Ailleurs frappons ; mon foudre est chaud. » — « Frappe ; maïs sur notre hémisphère Vise donc plus bas ou plus haut. »

Heureux d'avoir su vous défendre, j'accours des célestes donjons.

Quant k Jupin , je viens d'apprendre Qu'il a foudroyé deux pigeons.

1/EPEE DE D\MOCLES.

Air : A soltanle ans) et^..

De Damoclès Tépée est bien connue ;

En songe y à table ^ il m'a semblé la voir.

Sous cette épée et menaçante et hue

Denys l'ancien me forçait à m'assèOir. (bis.)

Je m'écriais : Que mon destin s'achève ,

T^ COU j[)e en main ^ au doux bruit des concerts ! (bis.)

O vieux Denys ! je me ris de ton glaive ' ,

Je bois ) je chante » et je siffle tes vers, (^bis,)

Servez , disais-jé à messieurs de la bouché $ Versez, versez, messieurs du gobelet.

i. I>enys l*andén, tyran de Syntfase, était j «Somme on sait, nn métromane déterminé; il envoyait en prison ceux qni ne treavaient pas se» vers bons. Noos avons eu aussi en France des tt>is qui se mêlaient d*éerlre et de fiiire des vers. Qnant h l'àislolre dti festin de Damoclès , elle est trop connue ponr qu'il soit besoin de la rapporter ici.

Cette chanson appartient au règne de Louis XVUf , qui , de même que Denys, avait la manie d'écrire et a fait beaucoup de petits vers.

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