‹ Œuvres complètes de P. J. de BérangerChapitre 106 sur 199 · II · texte numérisé non relu

II

Depuis dix-huit siècles, hélas!

Sur la cendre jirecque el romaine,

Sur les débris de mille états, l/aiïreux tourbillon me i)romcne. (Ws.) J’ai vu sans fruit germer le bien.

Vu des calamités fécondes;

Et pour survivre au monde ancien.

Des flots j’ai vu sortir deux mondes.

Toujours, toujours,

Tourne la teri’o où moi je cours.

Toujours, toujours, toujours, toujours.

Dieu m’a changé pour me punir :

A tout ce qui meurt je m’attache.

.Mais du toit pnH à me bénir I.e tourbillon soudain m’arrache, {hh.} Plus d’un pauvre vient implorer Le denier que je puis répandre ,

Qui n’a pas le temps de serrer

1^1 main qu’en passant j’aime à tendre.

Toujours, toujours.

Tourne la terre où moi je coure.

Toujours, toujours, toujours, toujours.

Seul, au pied d’arbuste.s en fleure.

Sur le gazon, au Iwrd de l'onde.

Si je repose mes douleurs.

J’entends le tourbillon qui gronde, (/m.)

Eh! (ju’importe au ciel irrité

C(‘t instant passé sous l’ombragi'?

DE BEIUNOER.

Faul-il moins que rélcrnilé Pour délasser d’un tel voyage?

Toujours, loujours,

Tourne la terre où moi je cours, Toujours, toujours, toujours, toujours.

One des enfants vifs et joyeux,

Dos miens me retracent l’image;

Si j’en veux repaître mes yeux.

Le tourbillon souille avec rage, {his.) Vieillards, osez- vous à tout prix .M’envier ma longue carrière?

Ces enfants à qui je souris.

Mon pied balalra leur pous.sière.

Toujours, toujouis.

Tourne la terre où moi je cours.

Toujours, toujours, toujours, toujours.

Des murs où je suis né jadis,

Retrouvé-je encor quelque trace ;

Pour m’arrêter je me roidis;

Mais le tourbillon me dit ; « Passe! (his.) » Passe! » et la voix me crie aussi :

» Reste debout quand tout succoml)e.

» Tes aïeux ne t’ont point ici » Gardé de place dans leur tomlx;. »

Toujours, toujoui's.

Tourne la terre où moi je cours.

Toujours, toujours, toujours, toujours.

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